Page:Dumas - Le Meneur de loups (1868).djvu/228

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Il arrêta son cheval.

Il fouilla dans sa poche, en tira un petit portefeuille de cuir parfumé doublé de satin blanc.

Dans un des côtés de ce petit portefeuille étaient plusieurs lettres, dans l’autre une seule.

C’était cette dernière qui probablement allait lui apprendre ce qu’il ignorait.

Il s’agissait seulement de la lire.

Thibault était à trois ou quatre cents pas seulement du village de Fleury.

Il mit son cheval au galop, espérant trouver encore quelque maison éclairée.

Mais on se couche de bonne heure au village, et, dans ce temps-là, on se couchait plus tôt encore qu’aujourd’hui.

Thibault alla d’un bout à l’autre de la rue sans voir une seule lumière.

Enfin, il lui sembla entendre quelque bruit dans l’écurie d’une auberge.

Il appela.

Un valet vint avec une lanterne.

– Mon ami, lui dit Thibault oubliant qu’il était momentanément un grand seigneur, vous plairait-il de m’éclairer un instant ? Vous me rendriez service.

– C’est pour cela que vous me faites sortir de mon lit, vous ?… répondit grossièrement le garçon d’écurie. Eh bien, vous êtes bon enfant encore !

Et, tournant le dos à Thibault, il s’apprêta à rentrer.

Thibault vit qu’il avait fait fausse route.

– Voyons, drôle, dit-il en élevant la voix, approche ta lanterne et éclaire-moi, ou je te donne vingt-cinq coups de cravache !

– Oh ! excusez-moi, monseigneur, dit le valet d’écurie, je ne savais pas à qui je parlais.