Page:Dumas - Le Meneur de loups (1868).djvu/241

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– Comment ! M. le comte ? s’écria la comtesse.

– Oui, M. le comte en personne, avec son piqueur Lestocq.

– Impossible !

– Madame la comtesse, Cramoisi les a vus comme je vous vois ; le pauvre garçon en était tout pâle.

– Ah ! cette chasse au château de Thury, c’était donc un piège ?

– Qui sait, madame ? Oh ! les hommes sont si perfides !

– Que faire ? demanda la comtesse.

– Attendre le comte et le tuer, dit résolument Thibault, furieux de voir lui échapper encore cette nouvelle bonne fortune, la plus précieuse de toutes celles qu’il avait ambitionnées.

– Le tuer ? Tuer le comte ? Mais êtes-vous fou, Raoul ? Non, non, il s’agit de fuir, de vous sauver… Lisette ! Lisette ! emmène le baron par mon cabinet de toilette.

Et Lisette, poussant Thibault malgré ses efforts, disparut avec lui dans le cabinet.

Il était temps !

On entendait le bruit de pas dans le grand escalier.

La comtesse jeta une dernière parole d’amour au faux Raoul et se glissa vivement dans sa chambre à coucher.

Thibault suivait Lisette.

Elle lui fit traverser rapidement le corridor, dont Cramoisi gardait l’autre extrémité.

Elle entra dans une chambre, de cette chambre dans une autre, puis dans un cabinet.

Le cabinet communiquait avec une petite tourelle.

Là, les fugitifs retrouvèrent, pour descendre, le pendant de l’escalier qu’ils avaient trouvé pour monter.

Seulement, arrivés au bas, ils trouvèrent la porte fermée.