Page:Dumas - Le Meneur de loups (1868).djvu/254

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cette page a été validée par deux contributeurs.



Puis les flammes approchaient, gagnaient son lit ; il en sentait la chaleur.

Quelques secondes encore, il allait se trouver au centre d’un vaste bûcher.

Un instant d’hésitation, et toute retraite allait lui être fermée ; il ne pourrait plus fuir.

Thibault bondit à bas de sa couchette, s’empara d’un épieu, et s’élança par la porte de derrière de sa cabane.

Au moment où on le vit passer au milieu des flammes et déboucher à travers la fumée, les cris : « À mort ! À mort ! » redoublèrent.

Trois ou quatre coups de feu partirent.

Ces trois ou quatre coups de feu étaient bien destinés à Thibault.

Il avait entendu siffler les balles.

Les hommes qui avaient tiré sur lui étaient à la livrée du grand veneur.

Thibault se souvint de la menace que, deux jours auparavant, lui avait faite le baron de Vez.

Il était donc hors la loi.

On pouvait l’enfumer comme un renard dans son terrier ; on pouvait tirer sur lui comme sur une bête fauve.

Par bonheur pour Thibault, aucune balle ne l’atteignit.

La flamme de sa chaumière ne formait qu’un cercle étroit de lumière ; il fut bientôt hors de ce cercle.

Alors il se trouva dans l’obscurité des grands bois, et, sans les clameurs de la valetaille qui brûlait sa maison, le silence eût, à cette heure, été égal à l’obscurité.

Il s’assit au pied d’un arbre et laissa tomber sa tête entre ses mains.

Les événements s’étaient, depuis quarante-huit heu-