Page:Dumas - Le Meneur de loups (1868).djvu/318

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


retraite plus sûre que celle qu’il avait momentanément adoptée.

Mais, au moment où il mettait le nez hors de son roncier, la porte du cimetière s’ouvrit.

Il reprit donc son premier poste, tout en s’inquiétant de qui venait.

Et d’abord il vit un enfant vêtu d’une aube blanche et tenant à la main un bénitier.

Puis la croix d’argent, portée par un homme qui avait également un surplis par-dessus ses vêtements.

Après eux, le prêtre, psalmodiant les prières des morts.

Après le prêtre, un brancard porté par quatre paysans et recouvert d’un drap blanc semé de branches vertes et de couronnes de fleurs.

Sous le drap se dessinait la forme d’une bière.

Quelques habitants de Préciamont marchaient derrière le brancard.

Quoique cette rencontre fût toute naturelle dans un cimetière et que Thibault eût dû y être préparé par la vue de la fosse ouverte, elle fit sur le fugitif une profonde impression ; et, bien que le moindre mouvement pût trahir sa présence, et, par conséquent, amener sa perte, il suivit avec une curiosité inquiète tous les détails de la cérémonie.

Lorsque le prêtre eut béni la fosse qui avait tout d’abord frappé les yeux de Thibault, les porteurs déposèrent leur fardeau sur une tombe voisine.

La coutume, chez nous, est, lorsqu’on enterre une jeune fille morte dans son éclat, une jeune femme trépassée dans sa beauté, de la conduire au cimetière couchée dans sa bière, mais couverte d’un drap seulement.

Là, les amis peuvent dire un dernier adieu à la morte, les parents lui donner un dernier baiser.