Page:Dumas - Une Année à Florence.djvu/188

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clamées. Il en résulte, oui, cela est vrai, que l’étranger, admirablement accueilli d’abord, ou sur la foi de son nom seul, ou sur la lettre qui lui sert d’introduction, après les invitations ordinaires aux dîners et aux bals, sent l’intimité se fermer devant lui, et demeurât-il un an à Florence, reste presque toujours un étranger pour les Florentins. De là, absence complète de ces bonnes et longues causeries auprès du feu, où, après toute une soirée passée à bavarder, on s’en va ignorant parfaitement ce qu’on a pu dire, mais sachant, par l’envie même qu’on a de les renouveler le lendemain, qu’on ne s’y est point ennuyé un instant.

Mais, encore une fois, si cela est ainsi, la faute n’en est certes pas aux Florentins, mais à l’indiscrétion, et je dirai presque à l’ingratitude française.


SAINTE-MARIE-DES-FLEURS.

Notre premier soin, en arrivant à Florence, avait été de déposer aux palais Corsini, Poniatowski et Martellini, les lettres de recommandation que nous avions pour leurs illustres maîtres. Le même jour des cartes nous étaient envoyées, avec des invitations ou de soirées, ou de bals ou de dîners. Le prince Corsini, entre autres, nous faisait inviter à venir voir du balcon de son casino la course des Barberi, et des salons de son palais l’illumination et les concerts sur l’Arno.

En effet, les fêtes de la Saint-Jean arrivaient, et l’on sentait sous le calme florentin poindre cette agitation joyeuse qui précède les grandes solennités. Néanmoins, comme il nous restait deux ou trois jours d’intervalle entre celui où nous nous trouvions et celui où les fêtes devaient commen-