Page:Dunan - Les Amantes du diable, 1929.djvu/150

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
150
LES AMANTES DU DIABLE

vue d’une proposition transactionnelle. Elle sourit et ne s’occupa de rien.

Il est vrai que son château comportait auparavant cent gardes solides et bien payés, capables de le bien défendre. Mais l’oisiveté, et le favoritisme avaient beaucoup désarmé cette petite troupe, où figuraient aujourd’hui des vieillards presque centenaires, des infirmes et des enfants.

D’ailleurs même en voyant les belliqueuses troupes du baron des Heaumettes, Mme d’Assien ne se démonta pas. Elle continua de croire que ce déploiement de forces, fut le prologue d’une visite de son ennemi, et elle attendit en paix.

Elle était justement aussi têtue qu’il était cruel, et se promit de ne point changer un iota aux attendus de l’acte qui lui soumettait son rude voisin.

Les troupes, habilement et intelligemment, car le sieur Galant n’était pas un sot, se répandirent partout et fermèrent la boucle de la rivière, pendant que sur la rive en face, deux petits postes s’installaient pour interdire la traversée des messagers.

Une proclamation rédigée impérieusement, vint ensuite avertir les gens du village qu’ils eussent à nourrir les soldats des Heaumettes, et à s’interdire tout ce qui pouvait les gêner. Le siège ne durerait, disait-on pas plus de trois jours.

Et, là-dessus, un homme ayant été découvert, qui tentait de passer à travers les troupes, pour