Page:Dunan - Les Amantes du diable, 1929.djvu/152

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
152
LES AMANTES DU DIABLE

plein d’armures et de souvenirs guerriers. C’est que le propriétaire se trouvait avoir servi vingt ans avec le Polonais, le Turc, l’Autrichien et même un Colonna d’Italie.

Il en était, au surplus, revenu avec des infirmités certaines et prouvait péremptoirement, ainsi que la guerre est un métier plus dangereux que la banque…

Durant cette nuit-là, Babet et Jean Hocquin se réunirent pour deviser et s’entendre. Il leur aurait peut-être été possible de s’enfuir, mais tous deux commençaient de trouver quelque divertissement dans cette aventure. En somme le baron des Heaumettes, lorsqu’il ne vous avait pas fait brancher, vous gardait une amitié assez plaisante. Il ne pouvait plus voir Hocquin sans lui donner quelques écus, lui taper sur l’épaule, et lui conseiller, à lui qui devait certes détester les nobles, d’entrer le premier dans le château et de couper proprement la gorge à cette damnée comtesse d’Assien.

Il pensait, en effet, que si un homme se conduisait ainsi, et s’avisait, le coup accompli, de disparaître, tout serait admirable.

Mais il ne pouvait confier un tel vœu qu’à un soldat dont il connaissait le caractère secret et dur, à un gaillard surtout dont la vie se tenait à l’accoutumée hors des villes et des lois.

Quant à Babet, elle pensait que sa personne en