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LES AMANTES DU DIABLE

— Non ! pleura une des arrivantes, toute jeune, et que Babet reconnut pour la femme d’un marchand des Heaumettes, non, je n’ose plus…

Le sorcier s’approcha d’elle et la regarda de près. La lumière qui régnait là était bien vague, mais ce regard eut pourtant un effet prodigieux, car la femme s’abattit en arrière en éructant des mots obscènes, gémit, hurla, aboya, puis s’endormit sinistrement.

Pendant cette scène, tout le monde s’était dévêtu.

Le sorcier tourna à pas rapides autour des femmes, dont les corps avaient une étrange apparence, sous la clarté rousse de la torche. Il prit alors un grimoire dans un coin. Le tenant d’une main et un crapaud dans l’autre, il fit un abominable appel à la puissance de Satan.

Il plaça enfin un pot plein d’onguent au centre du groupe et dit :

— Oignez-vous.

Toutes puisèrent dans le pot et se couvrirent de cette mixture satanique qui sentait le mystère et le poison.

Et elles en passèrent sur le corps de la femme étendue, qui proférait toujours des mots immondes en dormant.

Le suppôt du Diable fit boire alors à chacune une écuelle d’un alcool puissant qui leur brûla la gorge et dont l’amertume donna la nausée à Babet. En-