Page:Dunant - Un souvenir de Solférino, 1862.djvu/108

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ments, et pour n’en citer que deux ou trois, ne sait-on pas que l’archevêque de Milan, St. Charles Borromée, accourut dans cette ville, du fond de son diocèse, lors de la peste de 1576 pour porter à tous, en bravant la contagion, des secours et des encouragements ? et son exemple ne fut-il pas imité en 1627 par Frédéric Borromée ? L’évêque Belzunce de Castel-Moron ne s’est-il pas illustré par le dévouement héroïque qu’il déploya pendant les ravages de ce cruel fléau à Marseille, en 1720 et 1721 ? Un John Howard n’a-t-il pas parcouru l’Europe pour visiter les prisons, les lazarets, les hôpitaux, et provoquer de salutaires réformes dans ces établissements ? il mourut en 1790, à Kherson, d’une fièvre qu’il gagna auprès d’un malade, après un séjour au milieu des pestiférés de la Crimée. La sœur Marthe, de Besançon, a été bien connue pour avoir, de 1813 à 1815, pansé les blessés des armées coalisées, de même que ceux de l’armée française ; et, avant elle, une autre religieuse, la sœur Barbe Schyner, s’était distinguée à Fribourg, en 1799, par ses soins aux blessés des troupes qui envahissaient son pays et à ses propres compatriotes.

Mais mentionnons surtout deux dévouements contemporains, qui se rattachent à la guerre d’Orient, et qui sont plus directement en rapport avec le sujet qui nous occupe. Pendant que les bonnes sœurs de charité soignaient les blessés et les malades de l’armée française en Crimée, les armées russe et anglaise voyaient arriver, venant du nord et de l’occident, deux nobles légions de