Page:Dunant - Un souvenir de Solférino, 1862.djvu/116

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Dans des occasions extraordinaires, comme celles qui réunissent, par exemple à Cologne ou à Châlons, des princes de l’art militaire, appartenant à des nationalités différentes, ne serait-il pas à souhaiter qu’ils profitent de cette espèce de congrès pour formuler quelque principe international, conventionnel et sacré, lequel, une fois agréé et ratifié, servirait de base à des Sociétés de secours pour les blessés dans les divers pays de l’Europe ? Il est d’autant plus important de se mettre d’accord et d’adopter d’avance des mesures, que, lors d’un commencement d’hostilités, les belligérants sont déjà mal disposés les uns envers les autres, et ne traitent plus les questions qu’au point de vue unique et restreint de leurs ressortissants[1].

L’humanité et la civilisation demandent impérieusement une œuvre comme celle qui est indiquée ici ; il semble qu’il y ait même là un devoir, à l’accomplissement duquel tout homme exerçant quelque influence doit son concours, et tout homme de bien au moins une pensée. Quel prince, quel souverain refuserait son appui à ces Sociétés, et ne serait heureux de donner aux soldats de son armée la pleine assurance qu’ils seront immédiatement et convenablement soignés s’ils viennent à être blessés ? Quel État ne voudrait accorder sa protection à ceux qui chercheraient ainsi à conserver la vie de citoyens

  1. Ne convoque-t-on pas de petits congrès qui s’assemblent tout exprès pour traiter des questions d’une importance évidemment moins grande, et n’y a-t-il pas des Sociétés internationales qui s’occupent d’industrie, de bienfaisance, d’utilité publique, ainsi que des congrès de savants, de jurisconsultes, d’agronomes, de statisticiens, d’économistes, etc. ?