Page:Durand de Mende - Rational, vol 2, traduction Barthelemy, 1854.djvu/39

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nettoyer non pas tant les souillures extérieures des mains que les souillures intérieures de l’esprit.

V. Le lavement des mains tire son origine de l’ancienne loi, comme on Fa dit ci-devant, car on lit dans les chap. xxx, xxxviii et xl de l’Exode, que Moïse fît un bassin d’airain avec les miroirs des femmes, dans lequel se lavaient les prêtres à l’entrée du tabernacle du Témoignage, lorsqu’ils devaient aller devant l’autel. Or, le bassin d’airain retentissant marque la confession des péchés, l’autel d’or l’amertume de l’ame, les miroirs des femmes la méditation de la vie des saints.

VI. Que le prêtre donc, avant de venir à l’autel, se lave par la confession ou dans les larmes de la pénitence ; qu’il se purifie (se purget) par l’amertume de l’esprit ; qu’il se réforme par la méditation de la vie des saints. Touchant le premier de ces devoirs, il est dit : « Soyez purs, vous qui portez les vases du Seigneur. » Pour le second : « Purgez-vous du vieux levain, etc. » Pour le troisième : « A la lumière qui marche devant nous, déposons tout pesant fardeau et fuyons le péché qui nous environne. » Le prêtre doit agir ainsi afin de se mettre du nombre des innocents, qui disent, là tête et la voix en haut : « Juge-moi, Seigneur, parce que j’ai marché dans mon innocence, etc. » Et plus bas : « Je laverai mes mains dans la compagnie des innocents, et je me tiendrai, Seigneur, autour de ton autel. » Ensuite le prêtre s’essuie les mains avec une serviette, parce qu’après avoir versé les larmes de la contrition il doit abhorrer le péché et le détruire par les œuvres satisfactoires. Le lin, dont la serviette est faite, arrive à sa blancheur par le travail qu’il subit, et les pénitents arrivent à la gloire éternelle par la satisfaction. La toilette des cheveux, des mains et de la figure n’est pas un raffinement de la volupté ; mais le Seigneur même en a donné l’injonction aux prêtres de l’ancienne loi, et elle est toute symbolique[1].

  1. Comme le prouve, entre autres exemples, la prière qu’on trouve dans l’ancien Pontifical de Paris, et que devait réciter le célébrant en se peignant : Intus