Page:Edgar Poe Arthur Gordon Pym.djvu/102

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bler l’énergie nécessaire pour continuer mon rôle. Il fallait cependant agir avec décision, et Peters et moi nous montâmes sur le pont.

Là, nous vîmes que tout allait bien pour le moment, et suivant de près la muraille du navire, nous nous glissâmes tous les trois jusqu’au capot-d’échelle de la chambre. Il n’était pas entièrement fermé, et des bûches avaient été placées sur la première marche, précaution qui avait pour but de faire obstacle à la fermeture et d’empêcher que la porte ne fût soudainement poussée du dehors. Nous pûmes sans difficulté apercevoir tout l’intérieur de la chambre à travers les fentes produites par les gonds. Il était vraiment bien heureux que nous n’eussions pas essayé de les attaquer par surprise, car ils étaient évidemment sur leurs gardes. Un seul était endormi et couché juste au pied de l’échelle, avec un fusil à côté de lui. Les autres étaient assis sur quelques matelas qu’ils avaient tirés des cadres et jetés sur le plancher. Ils étaient engagés dans une conversation sérieuse, et bien qu’ils eussent fait carrousse, à en juger par deux cruches vides et quelques gobelets d’étain éparpillés çà et là, ils n’étaient pas aussi déplorablement ivres que d’habitude. Tous avaient des pistolets, et de nombreux fusils étaient déposés dans un cadre à leur portée.

Nous prêtâmes pendant quelque temps l’oreille à leur conversation, avant de nous décider sur ce que nous avions à faire, n’ayant rien résolu jusque-là, si ce n’est que, le moment de l’attaque venu, nous tenterions de paralyser leur résistance par l’apparition du Rogers. Ils