Page:Edgar Poe Arthur Gordon Pym.djvu/103

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étaient en train de discuter leurs plans de piraterie ; et tout ce que nous pûmes entendre fut qu’ils devaient se réunir avec l’équipage de la goëlette le Hornet, et même commencer, s’il était possible, par s’emparer de la goëlette elle-même, comme préparation à une tentative d’une plus vaste échelle ; quant aux détails de cette tentative, aucun de nous n’y put rien comprendre.

L’un des hommes parla de Peters ; le second lui répondit à voix basse, et nous ne pûmes rien distinguer ; peu après il ajouta, d’un ton plus élevé, « qu’il ne pouvait pas comprendre ce que Peters avait à faire si souvent dans le gaillard d’avant avec le marmot du capitaine, et qu’il fallait que tous les deux filassent par-dessus bord, et que le plus tôt serait le meilleur ». À ces mots on ne fit pas de réponse ; mais nous pûmes aisément comprendre que l’insinuation avait été bien accueillie par toute la bande, et plus particulièrement par Jones. En ce moment j’étais excessivement agité, d’autant plus que je voyais qu’Auguste et Peters ne savaient que résoudre. Toutefois, je me décidai à vendre ma vie aussi chèrement que possible et à ne me laisser dominer par aucun sentiment d’effroi.

Le vacarme effroyable produit par le mugissement du vent dans le gréement et par les coups de mer qui balayaient le pont nous empêchait d’entendre ce qui se disait, excepté durant quelques accalmies momentanées. Ce fut dans un de ces intervalles que nous entendîmes distinctement le second dire à l’un des hommes « d’aller à l’avant et d’ordonner à ces faillis chiens de descendre dans la chambre, parce que là il pourrait au moins avoir