Page:Edgar Poe Arthur Gordon Pym.djvu/119

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que coupé en deux ; aussitôt que je bougeai, il me fit un geste faible de la main en me désignant la corde. Auguste ne donnait aucun symptôme de vie, et était presque plié en deux en travers d’un éclat du guindeau. Parker me parla quand il me vit remuer et me demanda si j’avais encore assez de forces pour le délivrer de sa position, me disant que si je voulais ramasser toute mon énergie et si je réussissais à le délier, nous pouvions encore sauver nos vies, mais qu’autrement nous péririons tous.

Je lui dis de prendre courage, et que je tâcherais de le délivrer. Tâtant dans la poche de mon pantalon, je pris mon canif, et, après plusieurs essais infructueux, je réussis à l’ouvrir. Je parvins alors avec ma main gauche à débarrasser mon bras droit de ses amarres, et je coupai ensuite les autres cordes qui me retenaient. Mais en essayant de changer de place, je m’aperçus que mes jambes me manquaient entièrement et que je ne pouvais me relever ; il m’était également impossible de mouvoir mon bras droit dans un sens quelconque. Je le fis remarquer à Parker, qui me conseilla de rester tranquille pendant quelques minutes, en me tenant au guindeau avec la main gauche, pour donner au sang le temps de circuler. En effet, l’engourdissement commença bientôt à disparaître, de sorte que je pus d’abord remuer une jambe, et puis l’autre ; et en peu de temps je recouvrai en partie l’usage de mon bras droit. Je me glissai alors vers Parker avec la plus grande précaution et sans me dresser sur mes jambes, et je coupai toutes les amarres autour de lui ; et au bout de peu de temps, comme moi, il