Page:Edgar Poe Arthur Gordon Pym.djvu/154

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de grâces ferventes pour ce soulagement si opportun.

Nous eûmes beaucoup de peine à faire passer l’animal par l’ouverture ; car il résistait avec fureur, et sa force était prodigieuse. Il était sur le point d’échapper des mains de Peters et de retomber dans l’eau, quand Auguste, lui jetant autour du cou une corde à nœud coulant, le retint par ce moyen jusqu’à ce que j’eusse sauté dans le trou à côté de Peters pour l’aider à soulever la bête jusqu’au pont.

Nous transvasâmes joyeusement l’eau du sac de l’animal dans la cruche que nous avions, comme on se le rappelle, rapportée précédemment de la cabine. Ensuite nous cassâmes le goulot d’une bouteille, de manière à faire à l’aide du bouchon, une espèce de verre à boire qui ne contenait pas tout à fait le quart d’une pinte. Nous bûmes chacun un de ces verres plein, et nous résolûmes de nous restreindre à cette quantité par jour, aussi longtemps que pourrait durer la provision.

Durant les deux ou trois derniers jours, le temps ayant été sec et doux, les couvertures que nous avions tirées de la cabine se trouvèrent complètement séchées, ainsi que nos vêtements, de sorte que nous passâmes cette nuit (la nuit du 23) dans une espèce de bien-être relatif, et que nous jouîmes d’un sommeil paisible, après nous être régalés d’olives et de jambon, ainsi que d’une petite ration de vin. Comme nous avions peur de voir quelqu’une de nos provisions filer par-dessus bord pendant la nuit, au cas où la brise se lèverait, nous les assujettîmes de notre mieux avec une corde aux débris du guindeau. Quant à notre tortue, que nous tenions vive-