Page:Edgar Poe Arthur Gordon Pym.djvu/180

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large de deux. Il le façonne avec de la terre, des algues et des coquilles. Au sommet il bâtit son nid.

Les oiseaux prennent un soin spécial pour ne jamais laisser les nids inoccupés pendant toute la durée de l’incubation, et même jusqu’à ce que la progéniture soit suffisamment forte pour se pourvoir elle-même. Pendant l’absence du mâle qui est allé en mer à la recherche de la nourriture, la femelle reste à ses fonctions, et c’est seulement au retour de son compagnon qu’elle se permet de sortir. Les œufs ne restent jamais sans être couvés ; quand un oiseau quitte le nid, l’autre niche à son tour. Cette précaution est indispensable à cause du penchant à la filouterie qui règne dans la colonie, les habitants ne se faisant aucun scrupule de se voler réciproquement leurs œufs à chaque bonne occasion.

Bien qu’il existe quelques établissements de ce genre, peuplés uniquement de pingouins et d’albatros, cependant on trouve dans la plupart une assez grande variété d’oiseaux océaniques qui jouissent de tous les droits de cité, éparpillant leurs nids çà et là, partout où ils peuvent trouver de la place, mais n’usurpant jamais les postes occupés par les plus grosses espèces. L’aspect de ces colonies, quand on les aperçoit de loin, est excessivement singulier. Tout l’espace atmosphérique au-dessus de l’établissement est obscurci par une multitude d’albatros (mêlés d’espèces plus petites) qui planent continuellement sur la rookery, soit qu’ils partent pour l’océan, soit qu’ils rentrent chez eux. En même temps, on remarque une foule de pingouins dont les uns vont et viennent à travers les ruelles étroites, et d’autres marchent, avec