Page:Edgar Poe Arthur Gordon Pym.djvu/188

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sans pouvoir les découvrir, d’autres, — et ils sont nombreux, — déclarent positivement les avoir vues, et même s’être trouvés à proximité de leurs côtes. Le capitaine Guy avait l’intention de faire tous les efforts possibles pour résoudre une question si singulièrement controversée[1].

Nous continuâmes notre route, entre le sud et l’ouest, avec des temps variables, jusqu’au 20 du même mois, et nous nous trouvâmes enfin sur le lieu en discussion, par 53° 15′ de latitude sud et 47° 58′ de longitude ouest, — c’est-à-dire presque à l’endroit désigné comme position de l’île méridionale du groupe. Comme nous n’apercevions pas trace de terre, nous continuâmes vers l’ouest par 53° de latitude sud, jusqu’à 50° de longitude ouest. Alors nous portâmes au nord jusqu’au 52e parallèle de latitude sud ; puis nous tournâmes à l’est, et nous tînmes notre parallèle par double hauteur, matin et soir, et par les hauteurs méridiennes des planètes et de la lune. Ayant ainsi poussé vers l’est jusqu’à la côte ouest de Georgia, nous suivîmes ce méridien jusqu’à ce que nous eussions atteint la latitude d’où nous étions partis. Nous fîmes alors plusieurs diagonales à travers toute l’étendue de mer circonscrite, gardant une vigie en permanence à la tête de mât, et répétant soigneusement notre examen trois semaines durant, pendant lesquelles nous eûmes toujours un temps singulièrement beau et agréable, sans

  1. Parmi les navires qui ont prétendu, à différentes époques, avoir trouvé les Auroras, on peut citer le trois-mâts San-Miguel, en 1769 ; le trois-mâts Aurora, en 1774 ; le brick Pearl, en 1779, et le trois-mâts Dolores, en 1790. Ils sont unanimes quant à la latitude : 53 degré sud. — E. A. P.