Page:Edgar Poe Arthur Gordon Pym.djvu/276

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et dans l’espace. Cependant, il était évident que nous en approchions avec une horrible vélocité. Par intervalles, on pouvait apercevoir sur cette nappe de vastes fentes béantes ; mais elles n’étaient que momentanées, et à travers ces fentes, derrière lesquelles s’agitait un chaos d’images flottantes et indistinctes, se précipitaient des courants d’air puissants, mais silencieux, qui labouraient dans leur vol l’océan enflammé.

22 mars. — Les ténèbres s’étaient sensiblement épaissies et n’étaient plus tempérées que par la clarté des eaux, réfléchissant le rideau blanc tendu devant nous. Une foule d’oiseaux gigantesques, d’un blanc livide, s’envolaient incessamment de derrière le singulier voile, et leur cri était le sempiternel Tekeli-li ! qu’ils poussaient en s’enfuyant devant nous. Sur ces entrefaites, Nu-Nu remua un peu dans le fond du bateau ; mais, comme nous le touchions, nous nous aperçûmes que son âme s’était envolée. Et alors nous nous précipitâmes dans les étreintes de la cataracte, où un gouffre s’entr’ouvrit, comme pour nous recevoir. Mais voilà qu’en travers de notre route se dressa une figure humaine voilée, de proportions beaucoup plus vastes que celles d’aucun habitant de la terre. Et la couleur de la peau de l’homme était la blancheur parfaite de la neige.

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