Page:Edmond - Louis Blanc, 1882.djvu/29

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par quelques-uns des envahisseurs, ce fut malgré lui, malgré ses protestations ardentes, malgré ce cri qu’il proférait sans cesse en se débattant : « Mais, malheureux, vous perdez la République ! » Ils savent que lorsque l’Assemblée, déclarée dissoute, se séparait au milieu d’une effroyable confusion, Louis Blanc, pâle, baigné de sueur, épuisé de fatigue, ne pouvant plus ni se tenir debout ni parler, employait tout ce qui lui restait de force à tracer ces lignes :

« Au nom de la souveraineté du peuple, au nom de la parole qui sera l’instrument de votre affranchissement futur, je vous conjure de vous retirer et de laisser l’Assemblée nationale à la liberté de ses délibérations. »

C’était le résumé du discours qu’il avait adressé au peuple d’une des fenêtres qui donnent sur la place de Bourgogne, discours si touchant, que, dans l’enquête, un élève de l’école Polytechnique, nommé Lucas, déposa qu’il avait vu plusieurs des assistants fondre en larmes et qu’il s’était mis lui-même à pleurer.

Mais, de la part de la réaction, il y avait parti pris de se défaire de Louis Blanc.

Le soir du 15 mai, comme il se rendait à