Page:Eliot - Middlemarch, volume 1.djvu/114

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Chettam avec une conception si nette de ce faux remède qu’il lui semblait avoir appris sur les vilains côtés de M. Casaubon quelque chose de parfaitement clair. Et pourtant James ne veut rien entendre contre miss Brooke ; il dit qu’elle est toujours la plus parfaite des femmes.

— C’est un généreux sentiment. Mais, comptez-y, il préfère la petite Célia et elle l’apprécie. Je pense que vous aimez ma petite Célia ?

— Certainement ! elle a plus de goût pour les géraniums et elle paraît plus docile, quoiqu’elle n’ait pas la beauté élégante de sa sœur. Mais, puisque nous parlons médecine, dites-moi donc quelque chose de ce jeune médecin, M. Lydgate ? On le dit remarquablement habile ; il en a certainement l’air ; quel beau front, en vérité !

— C’est un gentleman ; je l’ai entendu causer avec Humphrey, il cause bien.

— Oui, je sais par Bulstrode qu’il est des Lydgate du Northumberland ; il est réellement fort bien apparenté. On ne s’y attendait pas chez un praticien de cette espèce. Pour ma part, je préfère qu’un médecin reste autant que possible sur le même pied que les inférieurs ; il n’en est souvent que plus habile. Rappelez-vous ce pauvre Hicks ! je ne l’ai jamais vu se tromper ; il était un peu grossier et avait des manières de boucher, mais il connaissait ma constitution. Sa mort si prompte a été une grande perte pour moi. Grand Dieu ! quelle conversation animée entre miss Brooke et ce M. Lydgate.

— Elle parle chaumières et hôpitaux avec lui, dit mistress Cadwallader, qui avait l’oreille prompte et la faculté d’interprétation rapide. Je crois que c’est une espèce de philanthrope ; aussi fera-t-il bien l’affaire de Brooke.

— James, dit lady Chettam s’adressant à son fils, amenez-moi M. Lydgate et présentez-le-moi. Il faut que je me rende un peu compte de lui.