Page:Eliot - Middlemarch, volume 1.djvu/154

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leur parti possible de leurs discours. D’autres, au contraire, qui ne s’attendaient pas à faire jamais grande impression, n’aimaient pas cette espèce de lanterne morale braquée sur eux. Si vous n’êtes pas fier de votre cave, vous n’éprouvez pas de joie particulière à voir votre invité présenter son verre à la lumière pour l’examiner en connaisseur. Aussi l’attention scrupuleuse de M. Bulstrode n’était-elle agréable ni aux puritains ni aux pécheurs de Middlemarch ; ceux-ci le traitaient de méthodiste, les autres de pharisien. Les curieux auraient bien voulu savoir qui étaient son père et son grand-père, n’ayant jamais entendu parler d’un Bulstrode à Middlemarch vingt-cinq ans auparavant. Pour Lydgate, qu’il recevait en ce moment, ce regard scrutateur était chose bien indifférente ; il se forma simplement une opinion défavorable de la santé du banquier, et il en conclut qu’il devait vivre d’une vie intérieure agitée et fiévreuse, ne le laissant guère jouir des choses du dehors.

— Je vous serai extrêmement obligé si vous venez me trouver ici, à l’occasion, de temps à autre, monsieur Lydgate, fit le banquier après une courte pause. Si, comme j’ose l’espérer, j’ai la bonne fortune de trouver en vous un auxiliaire précieux dans la direction de l’hôpital, il y aura bien des questions dont nous aurons besoin de causer ensemble. Quant au nouvel hôpital qui est presque achevé, je réfléchirai à ce que vous m’avez dit de l’avantage qu’il y aurait à le destiner principalement aux fiévreux. La décision sur ce point me regarde spécialement, car bien que lord Medlicote ait donné le terrain et ait contribué à la construction, il n’est pas disposé à s’occuper personnellement de l’affaire.

— Peu de choses méritent plus l’attention et la peine que celle-là, dans une ville de province comme Middlemarch, dit Lydgate. Un bel hôpital pour les fiévreux à côté du vieil hospice pourrait être ici le noyau d’une école de médecine, une fois que nous aurions opéré nos réformes médicales ; et