Page:Eliot - Middlemarch, volume 1.djvu/192

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


motifs et à comprendre clairement ce que réclamait la gloire de Dieu. Seulement ses motifs n’étaient pas toujours appréciés à leur juste valeur. Il y avait à Middlemarch bien des esprits obtus dont les facultés intellectuelles ne savaient peser les choses qu’en gros, et ces gens qui voyaient M. Bulstrode si détaché de tout ce qui les faisait jouir eux-mêmes de la vie, ne mangeant ni ne buvant, se créant du souci à propos de tout, le soupçonnaient fortement de trouver du moins, dans le sentiment de sa domination, une sorte de festin de vampire qui lui servait de compensation.

La question du chapelain fut discutée à table, chez M. Vincy, précisément le jour où Lydgate y dînait, et la parenté de la famille avec M. Bulstrode n’empêcha pas une grande liberté dans les propos, même de la part du maître de la maison ; sa seule raison de s’opposer au nouveau projet, c’est qu’il n’aimait pas les sermons de M. Tyke, roulant éternellement sur la doctrine, et qu’il préférait infiniment ceux de M. Farebrother. M. Vincy admettait bien qu’on donnât un traitement au chapelain pourvu qu’il allât aux mains de Farebrother, le meilleur petit homme et le plus sociable, et en même temps le prédicateur le plus distingué du monde.

— Je me félicite, d’ailleurs, de ne pas être de la direction en ce moment. Je voterai pour qu’on en réfère aux directeurs et au conseil médical. Je ferai passer une partie de ma responsabilité sur vos épaules, docteurs, conclut M. Vincy, regardant d’abord le docteur Sprague, le premier médecin de Middlemarch, et ensuite Lydgate assis en face de lui. Ce sera vous autres, messieurs les médecins, qui aurez à vous consulter sur la sorte de breuvage noir que vous prescrirez à vos malades, eh, monsieur Lydgate ?

— Je les connais fort peu l’un et l’autre, dit Lydgate mais, en général, la question des appointements devient trop facilement une question de préférence personnelle. L’homme