Page:Eliot - Middlemarch, volume 1.djvu/226

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mobiles de personne ; on n’en doit compte qu’à une puissance supérieure ; mais je dis qu’il y a ici des influences à l’œuvre, qui sont incompatibles avec la véritable indépendance, je dis qu’en ce moment certaines circonstances créent une espèce de servilisme rampant chez quelques-uns et que les gentlemen qui les approuvent et qui en profitent, ne pourraient guère se permettre moralement et même financièrement de les avouer tout haut. Moi-même, tout laïque que je suis, je n’ai pas accordé peu d’attention aux divisions de l’Église et…

— Oh ! le diable emporte ces divisions ! interrompit M. Frank Hawley, avoué et secrétaire de la ville, qui assistait rarement au conseil, mais qui venait d’entrer, d’un air pressé, la cravache à la main. Nous n’avons pas à nous en occuper ici ; Farebrother a fait le travail jusqu’à présent, tout le travail sans traitement, et, si un traitement doit être alloué, c’est à lui qu’il revient, j’appelle cela une sale besogne, de vouloir enlever la place à Farebrother.

— J’estime que, de la part de gentlemen, il serait aussi bien de ne pas faire de personnalités, dit M. Plymdale. Je voterai pour donner le traitement à M. Tyke ; mais j’aurais continué à ignorer, si M. Hackbutt ne l’avait insinué tout à l’heure, que j’étais un homme servile et rampant.

— Je désavoue toute personnalité. J’ai dit expressément, si vous voulez me permettre de répéter et même d’achever ce que j’avais à dire…

— Ah ! voici Minchin ! s’écria M. Frank Hawley. Allons, docteur, je vous compterai dans les rangs de la bonne cause, eh ?

— Je l’espère, dit le docteur Minchin, saluant et distribuant des poignées de main à droite et à gauche. Et même aux dépens de mes sentiments.

— S’il y a des sentiments à avoir ici, ils devraient être,