Page:Eliot - Middlemarch, volume 1.djvu/302

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J’ai besoin de parler à M. Garth, dit Fred, qui n’était pas encore en état d’en dire davantage, et à vous aussi, ajouta-t-il après une courte pause car il ne doutait pas qu’elle ne fût au courant du fameux billet, et il pensait qu’il lui faudrait bien, à la fin, parler devant elle, sinon à elle toute seule.

— Caleb sera rentré dans quelques minutes, dit mistress Garth qui soupçonna quelque petit orage entre Fred et son père. Il ne sera certainement pas long à revenir, car il a un travail à faire à son bureau, et qui doit encore être expédié ce matin. Cela vous dérange-t-il de rester avec moi, pendant que je finis ici ?

— Mais nous n’avons pas besoin de continuer l’histoire de Cincinnatus, n’est-ce pas ? demanda Ben, qui avait retiré la cravache de la main de Fred et l’essayait sur le chat.

— Non, allez-vous-en, à présent. Laissez cette cravache. Comme c’est vilain de battre ce pauvre vieux Tortoise ! Fred, reprenez-lui votre cravache, s’il vous plaît.

— Allons, mon garçon, donne-la-moi, dit Fred en étendant la main.

— Me laisserez-vous monter sur votre cheval, aujourd’hui ? dit Ben en lui rendant distraitement la cravache.

— Pas aujourd’hui, une autre fois. Ce n’est pas mon cheval que je monte maintenant.

— Verrez-vous Mary aujourd’hui ?

— Je pense que oui, répondit Fred avec un désagréable serrement de cœur.

— Dites-lui qu’elle vienne bientôt, pour jouer aux gages, et pour nous amuser ensemble.

— Assez, assez, Ben ! Sauvez-vous, dit mistress Garth, voyant qu’il agaçait Fred.

— Letty et Ben sont-ils vos seuls élèves en ce moment, mistress Garth ? demanda Fred, quand les enfants furent sortis et qu’il sentit la nécessité de dire quelque chose pour passer