Page:Eliot - Middlemarch, volume 1.djvu/437

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


entretenu Rosemonde de l’ardeur des espérances ou il plaçait le but élevé de sa vie, et il avait trouvé délicieux d’être écouté d’une créature qui lui apporterait ce doux appui d’une affection faite pour remplir le cœur — beauté, repos, un secours semblable à celui que nos pensées puisent dans le ciel d’été et dans les prés bordés de fleurs.

Lydgate se fiait beaucoup à la différence psychologique qui existe entre ce que nous avons appelé par amour de la variété l’oie et le jars ; — surtout à la soumission innée de l’oie, s’accordant merveilleusement avec la force du jars !



CHAPITRE IV


N’était-ce que des élections générales ou la fin du monde qui approchait ? avait énoncé M. Vincy. Maintenant que George IV était mort, le Parlement dissous, Wellington et Peel tombés dans l’opinion, le nouveau roi encore inconnu, ce doute n’était qu’un faible échantillon de l’incertitude qui régnait dans l’esprit de la province.

Les lecteurs des journaux de Middlemarch se trouvaient dans une situation tout à fait anormale : pendant l’agitation qu’avait produite la question catholique, plusieurs avaient abandonné le Pionnier, l’organe du progrès, parce qu’il avait pris le parti de Peel pour les papistes et souillé son libéralisme par sa tolérance envers les jésuites et les prêtres de Baal ; mais ils n’étaient pas satisfaits non plus de la Trompette, qui, depuis ses invectives contre Rome, au milieu du relâchement général de l’esprit public, avait molli aussi dans ses opinions.

On était à une époque, comme venait de le dire un remarquable article du Pionnier, où, devant les besoins criants