Page:Eliot - Middlemarch, volume 1.djvu/474

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trine et fourrant ses pouces dans les entournures de son gilet, et il regardait M. Brooke en riant.

— Ce serait faire la quelque chose de bien éclatant, vous savez, dit M. Brooke. Mais citez-moi un autre propriétaire qui ait aussi peu tourmenté ses tenanciers pour leurs arriérés, que je ne l’ai fait. Je suis exceptionnellement accommodant, permettez-moi de vous le dire, exceptionnellement accommodant… J’ai mes idées à moi, sur lesquelles je me base, vous savez. Un homme qui fait cela est toujours accusé d’excentricité, d’inconsistance et tout ce qui s’ensuit. Quand je changerai ma ligne de conduite, ce seront encore mes idées que je suivrai.

Et M. Brooke un peu piqué se souvint tout à coup qu’il avait oublié de faire partir un paquet de la Grange et prit congé de tout le monde.



CHAPITRE VI


Sir James n’avait pas l’esprit fertile en projets inventifs ; mais sa foi dans l’influence de Dorothée et son désir croissant d’agir sur Brooke le rendirent ingénieux et il finit par combiner son petit plan, invoquant une indisposition de Célia pour faire venir Dorothée seule au Hall, et la déposant en voiture à la Grange, après l’avoir mise au courant de la situation et de la question des propriétés.

Ce fut ainsi qu’un jour, vers quatre heures de l’après-midi, comme M. Brooke et Ladislaw étaient assis dans la bibliothèque, la porte s’ouvrit et on annonça mistress Casaubon. Obligé d’aider M. Brooke à mettre en ordre ses documents sur le châtiment de la potence infligé aux voleurs de moutons, tout en ruminant le projet d’abandonner le