Page:Eliot - Middlemarch, volume 1.djvu/71

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— Je ne l’ai su qu’hier. Le mariage aura lieu dans six semaines.

— Eh bien, ma chère, je vous souhaite bien du plaisir avec votre beau-frère.

— J’en suis si fâchée pour Dorothée !

— Fâchée ! Je suppose que c’est elle qui le veut.

— Oui ; elle dit que M. Casaubon a une grande âme.

— Je ne demande pas mieux.

— Oh ! mistress Cadwallader, je ne puis croire qu’on soit heureuse parce qu’on épouse un homme qui a une grande âme.

— Eh bien, ma chère, c’est un avertissement pour vous. Vous en connaissez un maintenant, de ces hommes à grande âme ; quand il en viendra un autre pour vous, je pense que vous ne l’accepterez pas.

— Oh ! quant à cela, jamais !

— C’est assez d’un dans une famille. Votre sœur ne s’est donc jamais souciée de sir James ? L’auriez-vous aimé comme beau-frère ?

— J’en aurais été très heureuse. Je suis sûre qu’il eût fait un excellent mari. Seulement, ajouta Célia en rougissant un peu, je ne crois pas qu’il eût convenu à Dorothée.

— Pas assez élevé de pensées ?

— Dodo est très stricte, elle médite tant sur toutes choses et elle a une façon si particulière de juger tout ce qu’on dit ! Sir James n’a jamais paru lui plaire.

— Elle avait pourtant dû l’encourager, ce n’est pas très honnête.

— Ne soyez pas fâchée contre Dodo, je vous en prie ; elle ne fait pas attention à ces choses-là, et elle était si occupée de ses chaumières ! Souvent même elle s’est montrée dure pour sir James, mais il est si bon qu’il ne l’a jamais remarqué.

— Eh bien, conclut mistress Cadwallader mettant son