Page:Emile Souvestre - Le Journaliste - Tome 1 - Charpentier 1839.djvu/115

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le jeune peintre avait amèrement pleurée. Encouragé par quelques premiers succès (toujours faciles parce qu'ils ne portent ombrage à personne), Garnier avait fait ce rêve il y avait un an, et, comme il arrive toujours quand on est jeune, il l'avait fait tout haut devant ses amis, présentant, sans s'en apercevoir lui-même, une espérance comme un projet. Mais la réussite, satisfaisante d'abord, s'étant bientôt montrée plus incertaine, au premier enthousiasme des protecteurs avait succédé l'indifférence. Frédéric comprit qu'on avait fait pour lui comme pour les jeunes soldats, que chacun aide le premier jour, mais auxquels, une fois en marche, on laisse tout le poids de leurs armes et tous les dangers du chemin. Ses travaux diminuèrent, on les paya moins; enfin, il fallut toucher à cette part de l'espérance réservée sur ses premiers gains, et