Page:Emile Souvestre - Le Journaliste - Tome 1 - Charpentier 1839.djvu/137

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comme un jour ordinaire : nous dînerons chez Véry, et je loue une loge à l'Opéra.

— Tu ferais mieux de te faire soigner et de boire de la tisane de laitue.

— Eh! au nom de Dieu, laisse-moi le temps de cuver ma joie; tu ne comprends pas que je jouais mon avenir contre le diable, et que je viens de gagner la partie. Aujourd'hui, vois-tu, j'ai foi en moi; je me sens fort, puissant; le roi de France ne me vient pas au coude. Partons. Je vais acheter une boîte de voyage, un chapeau de paille et un passeport.

Cinq jours après, Frédéric Garnier était sur la route de Marseille, où il allait s'embarquer pour l'Italie; sa folle joie s'était calmée; il en avait pris possession, et un sentiment de bonheur grave en avait pris la place. Près de voir les chefs-d'oeuvre dont la pensée avait occupé si longtemps ses rêves d'ar-