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clou un petit morceau de cuir en losange qu’on nomme rosette, qui sert à recouvrir le trou du clou, & à fermer dans certaine partie le passage à l’air.

Quelque près qu’on clouât le quartier sur la circonférence des ais, cette peau laisseroit échapper l’air par les petits interstices qui se trouvent nécessairement entre chaque clou ; c’est pourquoi il faut avoir soin de couvrir cette première attache par une lanière ou courroie de cuir, qu’on cloue à distances égales sur la peau qui est déjà mise à demeure sur les ais. Dans les soufflets à deux vents un peu propres, on met à la place de cette lanière, un petit galon d’or ou d’argent qui règne tout autour.

La planche supérieure du soufflet doit être un peu plus courte que l’inférieure, & venir se terminer à l’endroit de la planche inférieure qui est plus épais & qui sert à la tuyère. Cette partie la plus étroite de l’ais supérieur, est arrêtée par la peau qui la couvre ; & afin que le vent ne passe pas à travers les interstices qui se trouvent entre les clous qui la tiennent attachée, on y assujettit de petites courroies de cuir qu’on nomme traverses, & qui vont jusqu’à la surface extérieure de la planche de dessous. Dans les soufflets communs, ces traverses sont plus courtes ou plus longues, suivant les divers usages auxquels ils sont empoyés ; elles sont même quelquefois de lames de fer ou de cuivre, arrêtées à demeure par de petits clous, & ordinairement entourés d’une virole dans la partie qui entre dans le soufflet.

Le soufflet à deux vents, fig. 15, planche II, diffère du soufflet qu’on vient de décrire, parce qu’outre qu’on y emploie communément une peau plus propre, il est essentiellement composé de trois planches au lieu de deux ; la planche du milieu ne paroit pas, étant placée dans l’intérieur entre les deux autres : dès-lors ce soufflet a deux ames ou soupapes, dont la seconde est attachée à la planche intérieure ; ce qui fait que l’air est introduit & comprimé alternativement en dessus & en dessous, & que ce soufflet à deux âmes & à deux vents, peut conséquemment fournir un courant d’air perpétuel.

Le soufflet carré ne diffère du soufflet ordinaire, que par de petites feuilles de bois de fourreau qu’on y colle intérieurement à la place des vergettes.

Le soufflet carré à double vent, est le soufflet ci-dessus, auquel on ajoute de plus une planche & un ressort, pour recevoir deux ames ou deux soupapes.

On a construit des soufflets en triangle, qui ne s’élèvent que d’un côté.

On en a aussi fabriqué à lanterne, qui s’élèvent également des deux cotés, & qui demeurent parallèles à l’ais inférieur, suivant le modèle que nous présentent des lanternes de papier.

On en a fait de diverses autres formes & inventions, qu’on peut varier à volonté, quand une fois on connoit le principe mécanique pour recevoir l’air, le comprimer & le chasser par une issue déterminée.

Les grands soufflets à forge, qui sont mus à force de bras ou par le moyen de l’eau, ne différent des autres soufflets domestiques, que relativement à leurs proportions, à la grosseur de leurs clous, & à la qualité des peaux qui servent à assembler les deux ais.

On se sert ordinairement pour les gros soufflets, de peaux de veau bien passées & bien assouplies par l’huile, afin de leur donner de la force & du jeu. Les peaux de mouton ou autres moins fortes, ne pourroient pas résister au grand volume d’air qu’ils compriment.

Les caisses de tambour sont des cercles de bois, quelquefois même de cuivre, comme le corps de nos timbales. Aujourd’hui on se sert plus communément de chêne ou de noyer ; la hauteur de la caisse égale sa largeur.

Les peaux de mouton ou autres dont on couvre les tambours, se bandent par le moyen de cerceaux auxquels sont attachées des cordes qui vont de l’un à l’autre, & ces cordes sont serrées par le moyen d’autres petites cordes, courroies ou nœuds mobiles qui embrassent deux cordes à la fois ; le nœud ou tirant est fait de peau, ainsi que la couverture de la caisse.

La peau de dessous la caisse, est traversée d’une corde à boyau mise en double, qu’on nomme le timbre du tambour. On appelle vergettes les cercles qui tiennent ou serrent les peaux sur la caisse.

Lorsqu’on veut que les tambours forment une sorte d’accord entre eux, comme font à peu près les cloches, & que, par exemple, quatre tambours sonnent ut, mi, sol, ut, il faut que les hauteurs des caisses soient relatives entre elles, comme les nombres 4, 5, 6, 8.

Le tambourin ou tambour de Provence, diffère du tambour ordinaire, en ce que la caisse est beaucoup plus haute que large.

Le tambour de Basque est couvert d’une seule peau. Sa caisse n’a que quelques doigts de hauteur, & est garni tout autour de grelots ou de lames sonores. On le tient d’une main, & on le frappe avec les doigts de l’autre.

Le boisselier fabrique aussi des seaux, qui sont composés de planches de hêtre fendues très-minces, hautes d’environ un pied, dont on fait le milieu ou le corps du seau ; ensuite, ils y mettent un fond de hêtre ou de chêne, comme nous l’avons dit pour le boisseau ; ils fortifient le seau par des bordures qui sont aussi des feuilles minces de hêtre, par des cerceaux de fer ; & on y attache une anse qui est une verge de fer courbée en cintre, dont les extrémités tiennent aux deux côtés du seau. Voyez fig. 6, planche II.

Les boisseliers tirent les corps de seaux & les bordures par bottes, qui leur sont apportées de la première main ou de la forêt.

Les seaux qui sont faits de douves, sont travaillés par les tonneliers ; nous en parlerons à leur article.

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