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Quoique plusieurs de ses planches soient datées de Venise, charlatanerie qu’il employoit pour en augmenter le prix on sait qu’il n’a jamais quitté la Hollande ; il est mort à Amsterdam en 1674, à l’âge de soixante-huit ans.

JEAN DE LAER, qui a peint en petit, & qui a choisi ses sujets dans la vie commune, mérite une place distinguée dans l’école de Hollande. Il naquit à Laaren, près de Narden, en 1613, commença les études de son art dans sa patrie, & alla se perfectionner à Rome. Comme il étoit fort mal fait, les Italiens le nommèrent BAMBOZZO, d’où les François ont fait le mot Bamboche, & c’est du sobriquet donné à ce peintre que les tableaux de petites figures, qui ne représentent que des actions communes, sont nommés bambochades. Il peignoit des chasses des attaques de voleurs, des foires, des fêtes publiques, des paysages, des vues maritimes ; il ornoit ses tableaux d’architecture ruinée, & les enrichissoit de figures d’hommes & d’animax. Il avoit un dessin correct & une couleur vigoureuse. Il est mort à l’âge de soixante ans.

Van-Ostade, quoique né à Lubeck, Gérard Dow, Metzu, Miris, Wouwermans, Berghem & le célèbre peintre de fleurs Van-Huysum, appartiennent à l’école de Hollande.

La plupart des écoles dont nous, venons de parler n’existent plus. L’Italie seule en avoit quatre ; il ne lui reste qu’un fort petit nombre d’artistes connus des, étrangers On chercheroit vainement en Flandre l’école de Rubens. Si l’école Hollandoise existe encore, elle n’est pas connue hors de la Hollande. Un artiste Allemand, Mengs s’est rendu célèbre de nos jours ; mais est en Italie sur-tout qu’il a formé & exercé son talent, & il appartient bien plus à l’Italie qu’à l’Allemagne. M. Diétrich, autre Allemand, est connu des étrangers, & c’est un honneur que n’obtiennent pas les talens ordinaires. Mais deux artistes séparés ne forment pas ce qu’on appele une école. L’école Françoise a paru quelque tems expirante ; mais elle se relève avec un nouvel éclat par les principes & les ouvrages d’un maître sage & savant, & de ses élèves qui sont aujourd’hui des maîtres. Jamais, depuis le Sueur, la France artiste n’a pu concevoir de plus belles espérances.

Une nouvelle ÉCOLE s’est formée de nos jours en Europe, celle d’ANGLETERRE. Elle réside dans l’Académie de Londres instituée en 1766 par lettres-patentes de Sa Majesté Britannique, & formée seulement en 1769. Encore voisine de son berceau, elle s’annonce par de grands succès, & mérite d’autant mieux d’être applaudie, & d’exciter même l’émulation de ses aînées, que les parties qui la distinguent sont les plus nobles parties de l’art ; la sagesse de la composition, la beauté des formes, l’élévation des idées, & la vérité des expressions. Cette école ne nous est encore connue que par des estampes ; mais des artistes qui en ont vu plusieurs tableaux nous ont assuré que, dans quelques uns de ses maîtres, elle joint la couleur aux parties plus sublimes de l’art, & que son coloris moins éclatant que celui des maîtres Flamands ou Vénitiens, tient beaucoup de l’école Lombarde. M. REYNOLDS, Président de l’Académie de Londres, est connu par ses discours sur les arts dont nous faisons un usage fréquent, & toute l’Europe a recherché l’estampe gravée d’après son tableau du Comte Ugolino. Les amateurs des arts connoissent aussi par des estampes les talens de M M. WEST, KOPLEY, GENS BOROUGH, BROWN, &c. On dit que l’école Angloise a d’excellens peintres de chevaux.

On peut reconnoître dans toutes les écoles la cause du caractère qui les distingue : dans l’école Romaine, l’excellente éducation de ses premiers artistes, & les chefs-d’œuvre de l’art antique trouvés dans les ruines de l’ancienne Rome ; dans l’école Vénitienne, la magnificence que répandoit à Venise le commerce de l’Orient, la fréquence des fêtes & des mascarades, l’obligation où se sont trouvés sort souvent les artistes, de peindre des personnes qui étoient vêtues des plus brillantes étoffes ; dans l’école Hollandoise la vie ordinaire de ses artistes, qui fréquentoient sur-tout les tavernes & les atteliers des artisans grossiers, qui voyoient sur-tout des figures basses & grotesques, & qui étoient souvent témoins des effets que produit une lumière étroite, naturelle ou artificielle dans des lieux fermés. La beauté doit entrer dans le caractère de l’école Angloise, parce qu’elle est assez commune en Angleterre pour frapper sans cesse la vue des artistes. Si cette beauté n’est pas précisément celle de l’antique, elle ne lui est peut-être pas inférieure. L’école Angloise se distinguera par la vérité du l’expression, parce que la liberté nationale laisse aux passions tout le jeu de la nature. Elle conservera la simplicité, & ne se gâtera pas par une affectation théâtrale, par les mignardises des fausses graces, parce que les mœurs angloises conservent elles-mêmes de la simplicité.

Regardez le portrait d’une Françoise peinte par un François ; vous y trouverez le plus souvent pour toute expression un souris commandé, que les yeux & le front ne partagent pas, & qui ne vous indique aucune affection de l’ame. Regardez le portrait d’une Angloise peinte par un Anglois ; vous y trouverez le plus souvent une expression naïve qui vous fera connoître le caractère de la personne représentée. (Article de M. Levesque.)

E F

EFFET. (subst. masc.) Ce mot signifie proprement le produit d’une cause. Dans les