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endroit de l'Auvergne nommé Puy-de-Mur. On ne fait que les broyer à l'eau pour les réduire en poudre fine. Cette espéce de bleu est surtout d'un grand usage pour les peintures à détrempe, qui ne doivent être vues qu'aux lumières, telles que les décorations de théatre ; & elle conserve alors une belle couleur, même quoiqu'on y mêle beaucoup de blanc. Elle tire seulement un peu sur le verdâtre, au contraire du bleu d'émail qui est très vif au jour, & qui paroît gris aux lumières.

On trouve quelque fois des cendres bleues qui sont aussi belles que l'outremer : mais en les mêlant avec un peu d'huile, on reconnoît bientôt que ce ne sont que des cendres, car elles ne brunissent pas, au lieu que l'outremer mêlé avec de l'huile, devient fort brun. D'ailleurs elles deviennent noires au feu, changement que ne subit pas l'outremer.

Il seroit dangereux d'employer des cendres bleues, même à fresque ou à détrempe, dans des ouvrages importans. Toutes les chaux de cuivre, toutes les terres cuivreuses sont la peste des tableaux. Mais on peut suppléer ces cendres, qui sont d'un bleu naissant très agréable, par le bleu céleste que l'auteur du Traité de la peinture au pastel a fait connoître. Voyez BLEU CÉLESTE.

CENDRES VERTES. Le nom de cendres a été donné fort improprement à cette substance d'une consistance terreuse, dont la couleur est d'un verd tantôt clair, tantôt foncé. On l'appelle en latin œrugo nativa terrea (verdet naturel) C'est une espéce d'ochre, ou de rouille de cuivre, très riche en métal. Cette couleur est dangereuse, & pousse au brun même dans la détrempe.

CHAMBRE OBSCURE, Machine d'optique, dont on attribue la première invention à Jean-Baptiste Porta, gentilhomme napolitain, célébre par la variété de ses connoissances, & par des rêveries qui ont préparé celles de Lavater.

Toute chambre peut devenir chambre obscure, pour vû qu'elle soit fermée avec soin de toutes parts ; mais pour répondre à l'objet proposé, il faut qu'elle donne sur une place ou sur une campagne dont les objets soient variés. On laisse seulement une petite ouverture au volet de l'une des fenêtres. 1°. Adaptez à cette ouverture un verre lenticulaire plan, convexe, ou convexe des deux côtés, qui forme une portion de surface d'une assez grande sphère. 2°. Tendez à quelque distance, laquelle sera déterminée par l'expérience même, un papier blanc, ou quelques étoffes blanches, à moins que la muraille elle-même ne soit blanche ; au moyen de quoi, vous verrez les objets peints sur la muraille de haut en bas. 3°. Si vous voulez les voir représentés dans leur situation naturelle, vous n'avez qu'à placer un verre lenticulaire entre le centre & le foyer


du premier, ou recevoir les images des objets sur un miroir plan, incliné à l'horizon sous un angle de quarante-cinq dégrés ; ou enfermer deux verres lenticulaires, au lieu d'un, dans un tuyau de lunette. Si l'ouverture est très-petite, les objets pourront se peindre, même sans qu'il soit besoin de verre lenticulaire.

Pour que les images des objets soient bien visibles & bien distinctes, il faut que le soleil donne sur ces objets : on les verra encore beaucoup mieux, si l'ou a soin de se tenir auparavant un quart d'heure dans l'obscurité. Il faut avoir grand soin qu'il n'entre de la lumière par aucune fente, & que la muraille ne soit pas trop éclairée.

D'après cette description, on peut définir la chambre obscure une chambre exactement fermée de toutes parts, & dans laquelle les rayons des objets extérieurs étant reçus à travers un verre convexe, ces objets sont représentés distinctement, & avec leurs couleurs naturelles, sur une surface blanche placée en dedans de la chambre, au foyer du verre.

La chambre obscure sert à beaucoup d'usages différent. Elle jette de grandes lumières sur la nature de la vision ; elle fournit un spectacle fart amusant, en ce qu'elle présente des images parfaitement semblables aux objets ; qu'elle en imite toutes les couleurs & même les mouvemens, ce qu'aucune autre forte de représentation ne peut faire. Par le moyen de cet instrument construit de la manière qui sera donnée à l'article DESSIN, une personne qui ne fait pas dessiner, pourra néanmoins tracer les objets avec la dernière justesse. Les plus savans dessinateurs ne négligent pas de se servir de la chambre obscure, quand ils veulent rendre quelques vues avec la plus grande précision. (Extrait d'un article de DALEMBER dans l'ancienne Encyclopédie.)

CHAMP-LEVER (v. act.) C'est enlever, dans une pièce de métal qui doit être émaillée, une partie de l'épaisseur du champ qui est destiné à recevoir l'émail, en sorte qu'il reste un rebord capable de contenir cet émail.

CHAPE (subst. fém.) Plusieurs pièces d'un moule. de plâtre le réunissent dans une chape aussi de plâtre, qui les enveloppe à leur surface supérieure, les contient, & fait que ces différentes pièces réunies n'en composent en quelque sorte qu'une seule. On appelle aussi chape une double pièce de cuivre qui enveloppe le touret des graveurs en pierres fines.

CHARNIÈRE (subst. fém.) Outil des graveurs en pierres fines. Il sert à faire des trous, & à enlever de grandes parties.

CHARPENTE (subst. fém.) Les artistes donnent le nom de charpente aux os, parce