Page:Encyclopédie méthodique - Physique, T1.djvu/509

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ſort de la ſoupape ; mais il ſeroit néceſſaire en ce cas que cette réſiſtance fût moindre que celle de l’étoffe dont les aéroſtats ſeroient compoſés. « Il eſt évident que par ce moyen le gaz renfermé dans un ballon ne pourroit le déchirer, puiſqu’il trouveroit une moindre réſiſtance dans le reſſort de la ſoupape, qu’il n’en éprouveroit de la part de l’étoffe, & il arriveroit alors que lorſqu’il ſeroit ſorti du ballon une aſſez grande quantité de gaz, pour que la force de celui qui y reſteroit ne fût pas ſupérieure à celle de l’air environnant, le reſſort de la ſoupape n’étant plus pouſſé en dehors par une force plus grande que celle de l’air extérieur, ſe rétabliroit de lui-même & refermeroit la ſoupape, & qu’ainſi la force expanſive du gaz ſeroit toujours à peu près en équilibre avec la force de l’air, à quelque hauteur que les aéroſtats fuſſent tranſportés ».

Si en rempliſſant exactement ces aéroſtats, on vouloit empêcher encore plus ſûrement qu’ils ne fuſſent déchirés par l’expanſion du gaz renfermé & en prévenir en même temps toute déperdition, on pourroit employer le moyen ſuivant, qu’on a propoſé dès les commencemens où l’on s’eſt occupé de l’art aéroſtatique. En attachant au-deſſus de l’aéroſtat rempli de gaz, & qu’on veut abandonner, un ballon d’une capacité à peu près égale, qu’on aura bien privé d’air atmoſphérique, & en établiſſant une communication libre entre les deux ballons ou aéroſtats au moyen d’un robinet ouvert, on ſera ſûr, dès que le reſſort du gaz contenu dans le ballon ſupérieur ſera plus fort que celui de l’air environnant, que le gaz paſſera tranquillement dans le ballon inférieur, & qu’il remontera enſuite, par ſa légèreté, dans le ballon ſupérieur, auſſi-tôt que l’air environnant acquerra une plus grande force comprimante ; de façon que la force du reſſort du gaz & celle de l’air, ſeront toujours dans un parfait équilibre, & que le ballon n’aura aucun effort à craindre de la part du gaz qu’il contient.

Tandis que M. Étienne de Montgolfier conſtruiſoit, à Paris, des globes aéroſtatiques, conformément à la méthode qu’il avoit ſuivie à Annonay, M. Joſeph de Montgolfier donnoit, à Lyon, un procédé ſimple d’en fabriquer, & un moyen ingénieux pour en alimenter le feu. Il les faiſoit conſtruire en papier ; la forme étoit celle de deux pyramides quadrangulaires tronquées, réunies par leur baſe, qui avoit huit pieds de côté ; les ſommets tronqués en avoient quatre, & l’axe commun huit, ce qui ne formoit qu’une capacité de 300 pieds cubes tout au plus ; la réunion des baſes étoit aſſujettie par des languettes de bois de huit pieds de long, & l’ouverture inférieure par quatre de quatre pieds.

Quatre gros fils de fer, partant des quatre angles de l’ouverture inférieure, ſe réuniſſoient au milieu, pour y ſupporter un cylindre de fil de fer, d’un pied de long & ſix pouces de diamètre ; après avoir chargé la machine par le moyen du feu, le cylindre fut rempli d’un rouleau de trente feuilles de papier imbibées d’une livre d’huile d’olive, auquel on mit le feu.

La machine, s’élevant avec rapidité, fut portée du côté de la ville. « Lorſqu’elle eut parcouru environ un quart de lieue dans cette direction, dit M. de Montgolfier, elle ſe trouva élevée à la hauteur des nuages, & fut chaſſée comme eux du côté du nord. Continuant à s’élever, elle obéit au vent d’eſt-ſud-eſt qui régnoit dans cette région ; on la ſuivit quelque temps dans cette direction ; mais ſon diamètre apparent étoit devenu ſi petit, qu’il échappoit à la vue des ſpectateurs ; ceux qui avoient l’œil le plus perçant, la ſuivirent encore pendant quelques inſtans, juſqu’à ce qu’ils la perdiſſent entièrement, 22 minutes après ſon départ ».

M. Laudier éleva à Ratiſbonne, le 15 janvier 1784, ſeulement avec du feu de paille, un ballon en baudruche, de trois pieds de diamètre, qui peſoit 3 onces deux gros ; le bas avoit une ouverture de 6 pouces, à laquelle étoit jointe une eſpèce de manche d’un pied de long, & du même diamètre que celui de l’ouverture.

Pour que la flamme n’approchât pas de la baudruche, il fit faire une caisse de bois de 2 pieds de hauteur, en forme de pyramide quadrangulaire tronquée, dont les côtés de la baie avoient un pied & demi, & ceux du ſommet dix pouces ; ce ſommet étoit percé d’une ouverture circulaire de ſix pouces de diamètre, qui emboitoit le bout du tuyau de terre cuite de cinq pouces de diamètre, ſur deux pieds & demi de longueur ; ce tuyau entroit dans le manche du ballon, qui avoit été replié ſur lui-même pour en chaſſer l’air commun. À l’un des côtés de la caiſſe étoit une ouverture d’un pied en carré, afin de pouvoir y paſſer un réchaud d’environ dix pouces de diamètre ſur ſix de hauteur, dans lequel on alluma une petite poignée de brins de paille, & quelques flocons de laine : le tout brûlant d’une flamme vive, & ne donnant que très-peu de fumée, on mit le réchaud dans la caiſſe, le ballon fut rempli en moins de 15 ſecondes, & s’échappa avec rapidité ; le ballon reſta ſuſpendu au plafond durant plus d’une minute : il ſe retourna, l’ouverture en haut, laquelle n’étoit pas bouchée, & retomba enſuite.

L’humidité qui régnoit dans l’air le lendemain, empêcha le ſuccès de la ſeconde expérience ; dans des expériences ſuivantes en plein air, l’ouverture fermée, le ballon s’éleva à 20 pieds.

Dans les aéroſtats qu’on élève par le moyen de