Page:Ernest Renan - Le livre de Job, Calmann-Levy, 1860.djvu/52

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Enfin, plusieurs passages d’Isaïe (vers 750)[1] rappellent tellement des passages du livre de Job, qu’on sent avec évidence que les deux auteurs ont puisé à ces lieux communs poétiques qui sont en quelque sorte dans l’air et appartiennent à tous[2].

C’est donc au viiie siècle avant notre ère que toutes les inductions nous portent à placer la composition du livre de Job. Rome n’existait point encore ; la Grèce avait des chants harmonieux, mais ne savait pas écrire ; l’Égypte, l’Assyrie, l’Iran (renfermé en Bactriane), l’Inde, la Chine étaient vieilles déjà de révolutions intellectuelles, politiques et religieuses, quand un sage inconnu, resté fidèle

  1. Comparez surtout Job, xiv, 11 à Isaïe, xix, 5. Il paraît bien que l’un des deux auteurs a copié l’autre ; mais il est impossible de dire de quel côté l’emprunt a eu lieu. Je crois pourtant avec Kueper, contre Hitzig, qu’Isaïe a été l’imitateur.
  2. C’est aussi de cette manière qu’il faut expliquer les nombreux rapprochements qu’on observe entre le poëme de Job et quelques psaumes.