qui changent de nom en raison de la clef qui règle la musique ; mais cette objection aurait peu de solidité, car, dans notre musique, la note de la clef étant connue, toutes les autres le sont, tandis que la régularité des dispositions n’existent pas dans la notation grecque, chaque son se trouvant représenté tantôt par un signe, tantôt par un autre, tantôt par un troisième, etc. On voit qu’un tel système ne peut être vanté pour sa simplicité.
La plupart des auteurs qui ont traité du rhythme de la musique de l’antiquité, et Burette lui-même, ont dit que les Grecs n’avaient pour exprimer la mesure de ce rhythme que deux lettres (alpha et bêta), dont l’une représentait la brève et l’autre la longue : c’est une erreur dans laquelle Gaforio n’est pas tombé ; car, dans son Traité de la Musique pratique, il a fait connaître cinq signes de mesure musicale qui servaient à marquer les combinaisons du temps chez les anciens, sans indiquer toutefois où il avait acquis la connaissance de ces signes. Un livre inédit d’un auteur anonyme du quatrième siècle, dont Meibomius a indiqué l’existence dans la préface de son édition grecque et latine du Traité de Musique de Bacchius le vieux, et que M. Perne a fait connaître par une notice lue à l’Institut de France, ce livre, dis-je, qui est un traité du rhythme de l’ancienne musique grecque, a confirmé la réalité des signes dont Gaforio avait parlé, en y ajoutant quatre signes de silence qui se combinaient avec ceux de la durée des sons. En cette partie de leur notation, les Grecs avaient mis la simplicité qui manque aux signes des sons pour les divers modes, car tel est le mécanisme de ces combinaisons que les neuf signes dont il vient d’être parlé suffisent pour représenter toutes les valeurs de durée ainsi que tous les silences qui peuvent entrer comme élémens dans le rhythme poétique et musical. Ces signes sont, pour la valeur des notes, des lignes horizontales simples et doubles, d’autres lignes formant un angle de 90 degrés, le pi et l’èta renversés ; pour le silence, le lambda simple ou accompagné de traits horizontaux, l’angle et le pi surmontés ou souscrits par l’accent grave.
Les auteurs qui nous ont transmis des traités originaux de la musique des Grecs dans la langue de ce peuple sont au nombre de dix-sept. Le plus ancien de tous est Aristoxène ; puis viennent Euclide, dont les deux opuscules sont attribués à un certain Clèonide, dans quelques manuscrits ; Plutarque, Nicomaque, Alypius, Gaudence, Bacchius le vieux, Aristide-Quintillien, Ptolémée, Porphyre, Théon de Smyrne, Psellus, Manuel Brienne, l’anonyme qui a traité du rhythme, Georges Pachymères, Barlaam, et Joseph Racondyt. Les écrits