les-ci. Les airs de cette espèce peuvent être harmonisés avec facilité ; ce sont ceux qui forment la plus grande partie des recueils qu’on a publiés depuis un
sauvage ont été recueillis et publiés à Édimbourg en 1783, in-8°, sous le titre de Restes poétiques de Jacques Ier. Ce recueil est précédé d’une dissertation dans laquelle l’éditeur prouve l’authenticité des pièces qui le composent, et accompagné d’une dissertation sur la musique écossaise, où l’on démontre que Jacques Ier fut l’auteur de l’ancienne musique de ces ballades.
Burney a néanmoins élevé des doutes sur l’authenticité de ces mélodies antiques et sur la part que Jacques Ier peut y avoir eue. Il me semble que ces doutes ne sont pas fondés. Les plus anciens témoignages attestent de l’habileté de ce prince dans la musique. Le continuateur du Schotichronicon de Jean de Fordun (Scotichron. vol. IV, page 1323), Hector Boethius, dans son Histoire d’Écosse, traduite en dialecte écossais par Bullanden (a), Buchanan, dans son ouvrage sur le même sujet (b), Bâle, Dempster, et après eux l’évêque Tanner, se sont accordés dans les éloges qu’ils ont donnés aux talens de Jacques comme musicien. « Il y avait peu d’instrumens connus à cette époque dont il ne jouât, disent ces écrivains, mieux que les meilleurs musiciens de son temps. Outre ses chansons écossaises, dont il avait lui-même composé la musique, il avait écrit un traité de Musica. »
Un passage remarquable du livre d’Alexandre Tassoni, intitulé Pensieri diversi (Venise 1646), vient à l’appui de l’opinion des divers auteurs qui ont attribué à Jacques Ier l’invention ou du moins le perfectionnement de cette ancienne musique écossaise. Voici ce passage :
« Noi ancora possiamo connumerar tra nostri Jacopo rè di Scozia, che non pur cose sacre compose in canto, ma trovò da se stesso una nuova musica lamentevole, e mesta, differente da tutte l’altre. Nel che poi è stato imitato da Carlo Gesualdo, principe di Venosa, che in questa nostra età ha illustrata anch’ egli la musica con nuove mirabili invenzioni. » (Lib. X, c. xxiii.) Berardi a rapporté tout ce passage dans sa Miscellanea Musicale, page 50, mais sans citer la source où il l’avait pris.
L’opinion de Burney n’est fondée que sur des preuves négatives. Son argument le plus fort consiste à dire que les collections d’anciennes ballades et chansons, et particulièrement celle que fit John Shirley, en 1440, des ouvrages de ce genre composés par Chaucer, Gower, Lydgate et autres, laquelle se trouve parmi les manuscrits d’Ashmol à Oxford, ne renferment rien qu’on puisse attribuer à Jacques Ier, et ne contiennent que les paroles sans les airs. Enfin il dit qu’après avoir examiné inutilement les manuscrits de toutes les bibliothèques de l’Angleterre pour y découvrir d’anciens airs notés, il a acquis la preuve que toute cette musique, jusqu’au quinzième siècle, a péri (A General history of music., t. II, p. 381). Pour peu qu’on soit initié à l’histoire de la littérature et de la musique, on sait qu’il ne faut jamais se hâter de conclure sur
- (a). « He was weil lernit to fecht with the swerd ; to just, to turnay, lo worsyl, to syng and dance, was an expert medicinar, richt crafty in playing baith of lute and harp, and sindry othir instrumentis of musik. »
- (b). « In musicis curiosius erat instructus, quam regem vel deceat, vel expediat, nullum enim organum erat, ad psallendi usum, comparatum, quo non ille tam scire modulabatur, ut cum summis illius ætatis magistris contenderet. » Buchan. Rer. Scot., Hist. lib, X, s. 57.