à quatre voix, composée d’une succession non interrompue de quintes d’une part, et d’octaves de l’autre. Ce moine nous apprend aussi que la diaphonie était quelquefois désignée par le mot organum. Presque tous les auteurs qui ont écrit sur l’histoire de la musique, ont tiré de cela la conséquence que l’harmonie n’a eu d’autre origine que l’introduction de l’orgue dans l’Occident, et que l’organisation du chant, comme on appela long-temps cette harmonie, venait du mot organum. C’est un point historique qui mérite d’être éclairci.
Héron le mécanicien, Vitruve et Athénée nous ont transmis des descriptions plus ou moins étendues d’une sorte d’instrument qu’ils désignent sous le nom d’hydraule ou d’orgue hydraulique. Héron et Athénée attribuent l’invention de cet instrument à Ctésibius, mathématicien d’Alexandrie. D’autres écrivains ont cru que celui-ci n’avait fait que perfectionner un instrument déjà connu. Il y a peu de rapports entre les orgues hydrauliques décrites par Héron et par Vitruve, ce qui peut faire penser qu’il y en avait de plusieurs espèces ; la seule chose qui paraît certaine, c’est que dans ces deux instrumens, comme dans d’autres de même espèce, l’eau mise en mouvement par un mécanisme quelconque, était l’agent de la sonorité. Au reste, il règne une grande obscurité dans ces descriptions, et les diverses explications qu’on en a données ne sont guère plus intelligibles.
Suétone parle aussi d’un orgue hydraulique perfectionné qui existait à Rome sous le règne de Néron, et que cet empereur prit plaisir d’examiner pendant près d’un jour entier. Il existe, en effet, une figure d’instrument assez semblable à celle d’un orgue sur une médaille de Néron ; mais suivant l’opinion de Mionnet, cette médaille est du nombre de celles qu’on appelle contorniates, et qui datent de temps postérieurs à ceux auxquels elles semblent appartenir.
Était-ce à l’imitation de ces anciens instrumens que George, prêtre vénitien, construisit un orgue hydraulique à Aix-la-Chapelle, dans la première moitié du neuvième siècle, par les ordres de Louis-le-Débonnaire ou le Pieux, suivant ce que rapporte Éginhart ? ou bien, son ouvrage fut-il entièrement d’invention ? Ce sont des questions qu’il serait impossible de résoudre, mais qui n’importent guère. Il y eut aussi d’autres orgues hydrauliques dans le moyen-âge, particulièrement en Angleterre ; mais on ne possède aucun renseignement sur le système de leur construction. Un savant, Albert-Louis-Frédéric Meister, a inséré dans les nouveaux mémoires de la société de Gœttingue une dissertation où il a consigné de profondes recherches sur les orgues