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Page:Fétis - Biographie universelle des musiciens, t1.djvu/212

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RÉSUMÉ PHILOSOPHIQUE

nommé Chamault, compositeur de la chapelle des enfans de France depuis 1521, Laurent Le Blanc, Jehan Boys, Dujardin ou De Horto ; en Espagne et en Portugal, quelques hommes d’un grand mérite, parmi lesquels on cite A-Goes. L’histoire de la musique dans ces deux royaumes est peu ou mal connue. Quelques indices sont cependant de nature à faire présumer qu’elle doit être d’un haut intérêt.
Des recueils manuscrits ou imprimés, dont les dates remontent à la fin du quinzième siècle ou au commencement du suivant, contiennent des pièces de tous les artistes qui viennent d’être nommés et de beaucoup d’autres ; car tous les noms ne peuvent trouver place dans un résumé de l’histoire de la musique. Octave Petrucci, de la petite ville de Fossombrone, dans les États de l’Église, fut le premier qui trouva le moyen d’imprimer la musique avec des caractères mobiles. Il établit, vers 1502, une imprimerie à Venise, où parurent successivement des messes de Josquin Des Prés, d’Obrecht, de Brumel, de Jean Ghiselin, de Pierre de La Rue et d’Alexandre Agricola. Des collections de motets furent publiées par le même Petrucci, en 1503, et dans les années suivantes, jusqu’en 1514. Chose remarquable, la plupart des pièces contenues dans ces recueils appartiennent à des compositeurs belges ou français, ce qui confirme l’opinion de quelques savans, concernant la supériorité que les musiciens de ces deux nations avaient prise dans le quinzième siècle sur ceux de l’Italie. La nouvelle industrie de Petrucci fut bientôt imitée en France et en Allemagne ; dès 1505, on imprimait à Lyon un recueil de chansons françaises ; et peu après il s’établit des imprimeries de musique à Nuremberg, à Leipsick, et dans plusieurs autres villes. Le nombre de recueils de messes, de motets, de chansons à plusieurs voix, de madrigaux, sorte de musique pour trois, quatre, cinq, six, sept et huit voix, qui remplacèrent les chansons en Italie, et de compositions instrumentales, qui virent le jour pendant près de deux cents ans, en Italie, en France, dans la Belgique et en Allemagne, est immense. Les éditions des ouvrages des grands maîtres se multipliaient à Venise, à Rome, à Paris, à Anvers, à Louvain, à Munich et dans beaucoup d’autres villes. Ces ouvrages s’imprimaient en petits recueils, avec chaque partie séparée, pour en rendre l’exécution facile. La prodigieuse quantité de ces recueils prouve que la musique fut cultivée avec passion dans les seizième et dix-septième siècles, et que toutes les nations y prirent un vif intérêt dans ces temps de rénovation de l’ordre social.