cinq et six voix de Goudimel et de Clément Jannequin, qui vécurent de son temps.
Son style a de la sécheresse et je ne sais quelle sorte de raideur qui n’a rien d’agréable.
À l’égard des formes de l’harmonie, il ne me paraît y avoir introduit rien d’essentiellement nouveau.
Comme la plupart de ses prédécesseurs et de ses contemporains, il n’a vu dans cette harmonie qu’un travail d’entrées successives des voix, dont les imitations et les canons faisaient tous les frais, et qui souvent entraînait le sacrifice des grâces de la mélodie, pour satisfaire à de puériles conventions d’école.
Il est cependant une chose dans laquelle Willaert paraît avoir été inventeur, d’après le témoignage de son élève Zarlino ; il s’agit de la musique à un grand nombre de voix divisées en plusieurs chœurs.
L’existence de deux orgues dans l’église de Saint-Marc, dès l’année 1490, semblerait indiquer que la division de la musique en plusieurs chœurs datait de temps antérieurs ; mais nous devons nous en rapporter sur ce point à un contemporain, homme de science et d’érudition, dont le témoignage paraîtrait suffisant pour démontrer que Ockeghem n’a jamais composé de morceau de musique à trente-six parties, comme l’affirme Glaréan, lors même que l’état de l’art ne prouverait pas l’impossibilité d’une composition de ce genre vers le milieu du quinzième siècle.
Après Willaert, surtout à la fin du seizième siècle et au commencement du dix-septième, les maîtres de chapelle écrivirent pour les fêtes solennelles beaucoup de messes et de psaumes à trois, quatre, cinq et jusqu’à neuf chœurs, chacun de quatre parties, et l’on cite plusieurs d’entre eux qui parvinrent à faire avec beaucoup de facilité ces combinaisons compliquées d’un si grand nombre de voix.
Parmi eux se distinguèrent particulièrement Paul Agostini, Virgile Mazocchi, François Berretta et surtout Horace Benevoli.
Quelque mérite qu’il y ait dans ces colossales compositions, il faut avouer qu’elles ne répondent point à ce que leurs auteurs en espéraient : car, indépendamment de la difficulté de mettre de l’ensemble parmi des chœurs disséminés dans une vaste église, à cause du temps que le son met à parcourir l’espace, il arrive inévitablement que tout sentiment de mélodie s’éteint dans les mouvemens de toutes ces voix qui se croisent en tout sens, que l’harmonie est elle-même obscure, incorrecte, et que le rhythme reste dans le vague, surtout quand les différens chœurs se réunissent.
Les musiciens les plus renommés de l’époque d’Adrien Willaert (époque qui s’étend depuis 1525 environ, jusqu’en 1560), sont, parmi les Italiens,
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RÉSUMÉ PHILOSOPHIQUE