Animuccia et Constant Festa, maîtres de chapelle à Rome, Constant Porta, qui appartenait à l’école vénitienne, et Alphonse, appelé della Viola, à cause de son habileté dans l’art de jouer de la viole ; parmi les Français, on compte Claude Goudimel, qui le premier ouvrit à Rome une école publique de musique et qui fut le maître de Palestrina, grand artiste, dont il sera bientôt parlé ; Clément Jannequin, remarquable par l’originalité de ses idées, Claude de Sermisy, maître de chapelle de François Ier, Archadelt ou Arcadelt, qui fut maître des enfans de chœur de la chapelle pontificale à Rome, Jean Maillart, Certon, Moulu et beaucoup d’autres ; chez les Belges et les Hollandais, Clément, surnommé Non Papa, Cyprien de Rore, André Pevernage, Manchicourt, Richafort, Jacquet de Wert, Créquillon, Phinot, etc. ; en Allemagne, Senfl, Walther et Jean de Clèves.
Je crois avoir fait voir que jusqu’au milieu du seizième siècle les formes matérielles et artificielles de l’harmonie ont absorbé l’attention de tous les musiciens, et qu’à ces formes, devenues chaque jour plus compliquées, s’étaient associées des idées qu’auraient dû repousser la raison et le goût, comme de prendre dans des chansons grivoises des thèmes de musique religieuse, et d’en faire chanter les paroles conjointement avec celles de la messe ou des vêpres.
Dans la composition de la musique mondaine, particulièrement dans les madrigaux, les musiciens ne prêtaient presque aucune attention au sens des paroles, et souvent des vers élégiaques étaient tournés en bouffonneries, par l’arrangement qui leur était donné dans les imitations de phrases que les voix faisaient entre elles.
Vers 1550, cet art de combiner des imitations et des canons dans un style fugué, avait été porté aussi loin que possible ; mais c’était tout ce qu’on savait faire.
On appliquait ce style à toute espèce de musique, à l’église, aux chansons de table, aux pièces instrumentales, aux airs de danse même.
En un mot, on avait épuisé les ressources du genre, et le moment était venu où une nouvelle direction devait être imprimée à l’art.
Ce fut un musicien italien, nommé Giovanni Pierluigi da Palestrina, qui entreprit de donner alors à la musique cette nouvelle direction plus conforme à sa destination naturelle, et qui réussit dans son entreprise au point d’en acquérir une gloire immortelle.
Depuis long-temps l’autorité ecclésiastique avait lancé ses anathèmes contre le mélange impie et ridicule des chansons lascives et des paroles sacrées dans la musique religieuse.
Dès 1435, le concile de Bâle avait essayé de bannir de l’église cette association monstrueuse,
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DE L’HISTOIRE DE LA MUSIQUE