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Page:Fétis - Biographie universelle des musiciens, t1.djvu/228

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RÉSUMÉ PHILOSOPHIQUE

disation, fut adoptée dans quelques écoles des Pays-Bas, et prît, à cause de cela, le nom de solmisation belge ; elle n’eut point de succès dans les autres parties de l’Europe, et l’on continua de solfier par l’ancienne méthode en France, en Italie et en Allemagne.

Environ cinquante ans après Hubert Waelrant, un autre Belge, Henri de Putte[1], essaya une réforme du même genre en Italie, mais sans succès : Waelrant n’avait enseigné sa méthode que par la pratique ; de Putte publia son système dans un livre latin qui parut à Milan en 1599. Au reste, ni à cette époque, ni à aucune autre, les Italiens n’adoptèrent la solmisation par sept syllabes, et lors même que la tonalité eût changé, lorsque des modulations multipliées augmentaient à l’infini les embarras de la méthode des hexacordes, c’était encore de celle-ci qu’ils faisaient usage. Il n’y a pas vingt ans qu’ils ont à ce sujet des idées plus raisonnables.

La bocédisation de Waelrant fut introduite en Allemagne au commencement du dix-septième siècle par Calwitz, qui, taisant le nom de l’inventeur, donna l’invention pour la sienne. Il ne réussit point à la mettre complètement en crédit, car si les Allemands comprirent la nécessité d’une gamme de sept sons, ils ne tardèrent point à désigner les degrés de cette gamme par des lettres au lieu de syllabes.

Après Calwitz vint Pierre d’Urena, moine espagnol, dont le système fut publié quarante ans plus tard par le fantasque évêque de Vigevano, Caramuel de Lobkowitz. Pierre d’Urena voulait aussi que ses compatriotes renonçassent à l’ancienne méthode pour adopter la solmisation par sept syllabes ; il ne jouit point de son triomphe, car depuis long-temps il avait cessé de vivre quand ses idées fructifièrent. Il en fut à peu près de même en France de Jean Lemaire, qui ayant proposé d’appeler za la septième note affectée d’un bémol, et si, la même note à l’état de bécarre, eut bien de la peine à faire goûter son système par quelques musiciens. La réforme ne se fit pas d’un coup. Long-temps les deux méthodes cheminèrent côte à côte avec leurs adversaires et leurs défenseurs. Je ne nommerai point ici tous ceux qui voulurent prendre part à la réforme, et qui, de bonne foi, se crurent mieux inspirés en substituant des noms de notes à d’autres noms. Je ne parlerai pas plus des disputes littéraires qui éclatèrent à l’occasion de cette réforme :

  1. M. de Reiffenberg veut, d’après un autographe, qu’on écrive De Put ; lui qui m’a reproché d’avoir négligé Paquot, sait sans doute que cet auteur a écrit Van den Putte.