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Page:Fétis - Biographie universelle des musiciens, t1.djvu/230

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RÉSUMÉ PHILOSOPHIQUE

Depuis lors les progrès de cette partie de la musique ont été sans doute plus lents que ceux des autres ; on peut même affirmer que c’est dans le rhythme que le génie des compositeurs a montré le moins de puissance ; pourtant on ne peut nier qu’un assez grand nombre de combinaisons ont été trouvées. Malheureusement elles se sont trop tôt formulées, et l’on sait que la formule est l’ennemie de l’imagination.

Après que la musique eut été dirigée vers son but réel dans le style ecclésiastique, par Jean de Palestrina, et surtout, après que la tendance dramatique lui eut été imprimée, les subtilités matérielles, les énigmes, les recherches de tout genre auxquelles s’étaient attachés les musiciens des quinzième et seizième siècles, tombèrent dans le discrédit. Le système absurde de notation qui avait donné la torture à tous ces musiciens, système où des multitudes d’exceptions rendaient souvent douteuses la valeur réelle des notes, fut la première chose qu’on abandonna dans la pratique. Quelques anciens maîtres en expliquèrent encore la théorie jusques vers le milieu du dix-septième siècle, mais on n’en trouve plus d’exemples dans les compositions qui furent publiées postérieurement à 1610. Les signes représentatifs des longues durées firent place à des valeurs moindres, parce que la musique acquit plus de légèreté ; les doubles croches, les triples même, passèrent de la musique instrumentale dans la vocale. L’art, ayant changé d’objet, avait besoin de signes analogues à sa nouvelle destination, et devait être débarrassé de ceux qui ne lui étaient plus utiles. De là vient qu’après le commencement du dix-septième siècle, tout l’échafaudage des modes et des prolations tomba de lui-même ; mais de nouvelles combinaisons de mesures furent imaginées, parce que le mouvement poétique du drame les rendaient quelquefois nécessaires. Ainsi l’on peut affirmer qu’en moins de vingt ans, toutes les parties de la musique eurent subi une complète transformation.


ÂGE MODERNE.
Continuation.

origine d’une classification méthodique des accords de l’harmonie.


Les notions d’harmonie qui sont répandues dans les traités généraux de musique publiés avant le commencement du dix-septième siècle, ne laissent pas entrevoir qu’on eût remarqué l’analogie des faits qui entraient alors dans