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Page:Fétis - Biographie universelle des musiciens, t1.djvu/247

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DE L’HISTOIRE DE LA MUSIQUE

que le rhythme fût toujours boiteux, d’un contrepoint d’un sol passo, qui n’admettait qu’une seule phrase d’accompagnement sans cesse répétée sur une mélodie donnée, d’un contrepoint où l’on s’interdisait certaines notes, certains accords, d’un autre qui n’admettait que des notes noires, ou des blanches, et de cent autres choses semblables qui indiquent peu de sens et de goût chez ceux qui les avaient imaginées. Le dix-huitième siècle fit justice de ces folies, et l’art fut rendu à sa véritable destination.

Ce fut dans le dix-septième que des espèces d’encyclopédies musicales par ordre de matières devinrent à la mode. Il était dans la nature des idées de ce temps de vouloir l’universalité des connaissances en toutes choses. Le premier ouvrage de ce genre fut publié en langue espagnole, à Naples, dans l’année 1613, par Cerone, de Bergame, sous le titre de El Melopeo. L’idée d’un livre semblable préoccupa presque toute la vie du minime Mersenne, qui y revint plusieurs fois et qui publia plusieurs volumes sous le titre d’Harmonie universelle. Le polygraphe Kircher, Llorente, savant espagnol, et plusieurs autres écrivains ont publié de ces livres qui, malgré leurs défauts, sont utiles, à cause des renseignemens qu’ils fournissent sur l’état de l’art et de la science à l’époque où ils ont paru.


ÂGE MODERNE.
Continuation.

modification du style des divers genres de musique aux dix-huitième et dix-neuvième siècle. — formation des systèmes d’harmonie.


La musique dramatique, demeurée stationnaire depuis 1640 jusqu’en 1680, ne fut plus arrêtée dans sa marche progressive et transformatrice après que Scarlatti lui eut imprimé le caractère de vigueur passionnée qui lui manquait auparavant. Le génie de ce grand homme inspira celui de plusieurs autres compositeurs ; parmi ceux qui se distinguèrent soit par la douceur et l’expression de la mélodie, soit par le perfectionnement de la forme des airs, du récitatif, des chœurs, ou de l’instrumentation, on remarque Ch. Fr. Polarolo, M. A. Gasparini, Lotti, l’abbé Rossi, Caldara et les Bononcini. C’est entre les mains de ces artistes que les airs, originairement courts, uniformes et presque toujours modulés de la même manière, acquirent du développement et furent variés dans leur coupe et dans leur caractère. Les duos étaient encore rares alors, et l’effet des voix n’était pas contrasté parce que les belles