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Page:Fétis - Biographie universelle des musiciens, t1.djvu/251

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DE L’HISTOIRE DE LA MUSIQUE

à Naples, Michel Mascitti. Joseph Mathieu Alberti, Thomas Albinoni, Charles Tessarini et Antoine Vivaldi, tous élèves de Corelli, furent à la fois des virtuoses et de grands compositeurs de musique instrumentale. Geminiani et Laurent Somis, imitateurs du style un peu modernisé de Vivaldi, furent aussi des artistes d’un mérite remarquable : le dernier eut pour élèves Giardinhi, dont le talent était plein de grâce et d’élégance, et le violiniste français Chabran.

Mais l’homme-violon de la première moitié du dix-huitième siècle, le modèle, l’école personnifiée, fut Joseph Tartini. Ses concertos, qui sont en grand nombre, offrent des modèles du plus grand caractère et répondent à l’idée générale qu’on a du talent de cet illustre artiste. Presque tous ses élèves furent des violinistes distingués : parmi eux on remarque Pasquale Bini, de Pesaro, plus connu sous le nom de Pascalino, Paul Alberghi, de Faenza, Pierre Nardini, de Florence ; Pagin, de Paris ; et Ferrari, de Cremone. Ce dernier passe pour l’inventeur des sons harmoniques et des traits en octave.

L’école piémontaise du violon, fondée par Somis, devint la première de l’Europe après la mort de Tartini, et lorsque Pugnani en fut devenu le chef. Ce grand artiste, aussi distingué comme compositeur que comme violiniste, a formé plusieurs élèves qui ont été tous effacés par Viotti, l’un d’eux. Viotti ! Ce nom réveille chez tous ceux qui l’ont entendu l’idée de la perfection ! Mais ce n’est ici le lieu de parler de ce sublime artiste et de son admirable talent.

Je ne dois pas terminer la liste des violinistes célèbres de l’Italie sans citer les noms de Locatelli, de Bergame, homme d’invention qui paraît avoir été le modèle de Lolli, de Fiorillo, et enfin de Paganini, qui, par la nature singulière de son talent, et ses facultés prodigieuses, s’est placé de nos jours dans une position tout-à-fait différente de celle où s’étaient mis ses illustres prédécesseurs.

Comme l’Allemagne, l’Italie a produit une excellente école de clavecinistes ; mais l’objet des deux écoles fut différent. En Allemagne, le sentiment d’une harmonie transitionnelle et riche de modulations dominait dans toute la musique des instrumens à clavier ; J. S. Bach fut au dix-huitième siècle le type de cette école, où la régularité du doigté était sacrifiée aux exigences de la succession des accords en harmonie pleine. En Italie, la tendance mélodique et le brillant du jeu, d’accord avec le talent des chanteurs, avait