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Page:Fétis - Biographie universelle des musiciens, t1.djvu/269

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copies authentiques de deux anciens manuscrits dont l’un existe dans la cathédrale de Gnesen, et l’autre se trouvait dans la fameuse bibliothèque Zatoski, à Varsovie. Il a été aussi inséré en notation moderne dans la collection de chants historiques polonais qui a pour titre : Spievy historycznez musikou i rycinami (Chants historiques, avec la musique et des gravures), par Julien Ursin Niemcewicz, président de la société royale des Amis des sciences, à Varsovie, secrétaire du royaume de Pologne, etc. (3e édit., in-8° de 573 pages. Varsovie, imprim. du gouv., 1819).

ADAM, surnommé Dorensis, parce qu’il était moine au couvent de Dorham (ordre de cîteaux), près d’Hereford, en Angleterre, vécut vers l’année 1200. Dans sa jeunesse il se livra à l’étude des arts, des sciences et des lettres ; la musique fut particulièrement l’objet de ses travaux. Son savoir et sa piété le firent élire abbé de son monastère. Dans le même temps, de vives discussions s’élevèrent entre les moines et les clercs séculiers ; à l’occasion de ces démêlés, Sylvestre Gyraldus, homme érudit, mais esprit violent, écrivit un virulent pamphlet contre les moines, sous le titre de Speculum ecclesiœ. Il y attaquait particulièrement l’ordre de cîteaux. Adam prit la défense de cet ordre dans un écrit intitulé : Contra Speculum Giraldi, librum unum. Il fut aussi l’auteur d’un livre sur la musique qui existe encore en manuscrit dans plusieurs bibliothèques et qui a pour titre : Rudimenla musices, lib. 1 Joecher dit (Gelehrten Lexikon) que cet ouvrage est imprimé. Je crois que c’est une erreur (V. Pitsœus, lib. De illustribus angliœ script. ; Henriquez, in Phœnice, et Caroli de Visch, Bibliot. scriptor. sac. Orcl. Cister.).

ADAM (de st-victor), chanoine régulier de l’abbaie de St-Victor-lès-Paris, mourut le 11 juillet 1177 ; il fut inhumé dans le cloître de cette abbaye. On lui attribue, le chant de quelques hymnes en usage dans l’église.

ADAM DE LE HALE, surnommé le Bossu d’arras, à cause de sa difformité et du lieu de sa naissance, fut l’un de ces trouvères qui, dans les douzième et treizième siècles, travaillèrent à former la langue française, et répandirent le goût de la poésie et de la musique. Adam paraît être né vers 1240. Il porta d’abord l’habit ecclésiastique ; mais son humeur inconstante le lui fit quitter et reprendre ensuite. C’est lui qui nous donne ces détails dans ses adieux à sa ville natale, intitulés : C’est li congiés Adan d’Aras, pièce publiée par M. Méon, dans sa nouvelle édition des fabliaux de Barbasan, t. i, p. 106. Adam de le Hale épousa une jeune damoiselle qui, pendant qu’il la recherchait, lui semblait réunir tous les agrémens de son sexe, et qu’il prit en aversion dès qu’elle fut devenue sa femme. Il la quitta, et vint demeurer à Paris, où il paraît s’être mis à la suite de Robert II du nom, comte d’Artois. Ce prince ayant suivi, en 1282, le duc d’Alençon, que Philippe-le-Hardi envoyait au secours de son oncle, le duc d’Anjou, roi de Naples, pour l’aider à tirer vengeance des vêpres siciliennes, Adam de le Hale l’accompagna dans cette expédition. À la mort du roi de Naples, en 1285, le comte d’Artois fut nommé régent du royaume, et ne revint en France qu’au mois de septembre 1287. Adam de le Hale était mort à Naples dans cet intervalle, comme on le voit dans l’espèce de drame intitulé : Li Gieus du pèlerin, attribué à Jean Bodel d’Arras, contemporain d’Adam. C’est donc à tort que Fauchet et Lacroix du Maine, qui ont été copiés par le nouveau dictionnaire historique et par la biographie universelle de M. Michaud, ont dit qu’Adam se fit moine à l’abbaie de Vauxelles et qu’il y mourut. Nous avons tiré ces détails des observations préliminaires que M. de Monmerqué à mises en tête de l’édition qu’il a donnée d’un ouvrage d’Adam de le Hale dont nous parlerons plus tard.

Adam de le Hale se distingua particuliè-