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Page:Fétis - Biographie universelle des musiciens, t1.djvu/271

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siècles, p. 261), mais c’est évidemment une erreur, car le manuscrit 2756 porte ces mots en tête : chi commenche li gieus de Robin et de Marion c’ Adans fist.

ADAM DE FULDE, moine de Franconie, auteur d’un traité sur la musique, dont on ne connaît qu’un seul manuscrit, qui se trouve dans la bibliothèque de Strasbourg, et que l’abbé Gerbert a inséré dans ses Scriptores ecclésiast. de mus. sacr. t. 3, p. 329. Cet ouvrage a été achevé le 5 novembre 1490, car l’auteur a consigné cette date à la fin de son livre. Il est divisé en quatre livres ; le premier, composé de 7 chapitres, traite de l’invention des diverses parties de l’art ; le second, en 17 chapitres, traite de la main musicale, du chant, de la voix, des clefs, des muances, du mode et du ton ; le troisième, qui est le plus important, traite de la musique mesurée, et le quatrième, des proportions et des consonnances.

On ignore la date précise de la naissance d’Adam de Fulde, mais elle a dû avoir lieu vers l’an 1450, car il dit, chapitre 7me du 1er livre, qu’il fut presque le contemporain de Guillaume Dufay et de Busnois, qui vécurent dans la première moitié du 15 siècle : et circa meam œtatem doctissimi Wilhelmus Dufay, ac Antonius de Bufna, quorum, etc. Il prend le titre de musicien ducal au commencement de sa dédicace.

Glarean nous a conservé, dans son Dodécacorde (p. 262), un cantique à quatre voix d’Adam de Fulde ; c’est un morceau fort bien écrit, et l’un des plus anciens monumens de compositions régulières à plusieurs parties. Dans l’Enchiridion des chants religieux et des psaumes, Magdebonrg, 1675, on trouve aussi, p. 50, le chant : Ach hulp my leidt und senlich klag, sous le nom d’Adam de Fulde.

ADAM (louis), né vers 1760 à Miettersholtz, département du Bas-Rhin, eut d’abord pour maître de clavicorde un de ses parens, excellent amateur ; il eut ensuite quelques mois de leçons de piano d’un bon organiste de Strasbourg, nommé Hepp, mort vers 1800 ; mais c’est surtout à l’étude qu’il a faite, par lui-même, des écrits d’Emm. Bach, des œuvres de Hændel, de Bach, de Scarlatti, de Schobert, et, plus récemment, de Clementi et de Mozart, qu’il doit la science et le talent qui l’ont placé au premier rang parmi les professeurs de son instrument. M. Adam a dans son enfance étudié sans maître le violon et la harpe. Il a aussi appris seul l’art d’écrire ou la composition.

Arrivé à Paris à l’âge de dix-sept ans, pour y enseigner la musique, il débuta par deux symphonies concertantes pour harpe et piano avec violon, qui furent exécutées au concert spirituel, et qui étaient les premières qu’on eût entendues en ce genre. Depuis ce temps, il s’est livré à l’enseignement et à la composition. En 1797, il fut nommé professeur au Conservatoire ; là, il a formé un grand nombre d’excellens élèves ; les plus connus sont MM. Kalkbrenner, F. Chaulieu, Henri Le Moine, Mlles Beek, Basse et Renaud d’Allen, qui, successivement, ont obtenu les premiers prix de piano dans cette école. Hérold père et fils, Callias, Rougeot, Breval fils, Mlle Bresson, et beaucoup d’autres, ont aussi reçu de ses leçons.

Les ouvrages de M. Adam sont : 1° onze œuvres de sonates pour le piano ; 2° quelques sonates séparées ; 3° des airs variés pour le même instrument, notamment celui du roi Dagobert, qui a eu beaucoup de succès ; 4° Méthode ou principe général du doigté, suivie d’une collection complète de tous les traits possibles avec le doigté, etc. (en société avec Lachnith), Paris, Sieber, 1798 ; 5° Méthode nouvelle pour le piano, à l’usage des élèves du Conservatoire, Paris, 1802. Peu d’ouvrages élémentaires ont eu une vogue semblable à celle que celui-ci a obtenue. Près de vingt mille exemplaires ont été livrés au public dans l’espace de 25 ans. Cette vogue était méritée sous le rapport de l’exposé des principes du doigté, qui n’avait jamais été