airs ou nomes avaient beaucoup de célébrité dans toutes les parties de la Grèce ; les plus remarquables étaient ceux qu’on appelait Polycéphale et Des chars[1]. Olympe était poète distingué autant que musicien habile. Il avait écrit des élégies, des chants plaintifs, des cantiques funèbres ; entre autres, une complainte sur la mort de Python, dans le mode lydien. Il paraît que la musique de flûte qu’il avait mise sur la poésie de ces morceaux prêtait quelque peu au ridicule, car Aristophane, qui a donné des éloges à Olympe, mais qui ne pouvait se résoudre à perdre l’occasion de faire une plaisanterie, fait dire à deux personnages d’une de ses comédies : Lamentons-nous et pleurons comme deux flûtes qui jouent un air d’Olympe ; puis ils se mettent à prononcer ensemble un vers ïambe composé de la syllabe μύ répétée douze fois avec l’accent grave et circonflexe alternativement, ce qui forme un miaulement plaintif fort plaisant. Aristophane, dans ce passage, fait allusion au mode lydien, dont le caractère était plaintif, et dont Olympe le premier fit usage dans l’air élégiaque qu’il composa sur la mort de Python[2]. Olympe passe pour avoir été l’inventeur d’un des genres de la musique grecque, appelé enharmonique. Les deux autres genres, auxquels on avait donné les noms de diatonique et chromatique, existaient déjà.
Après Olympe, un des anciens artistes qui contribuèrent le plus aux progrès de la musique fut Thalétas qui, à la fois poète et musicien, inventa plusieurs rhythmes poétiques et musicaux. Il était contemporain de Lycurgue. Puis vint Archiloque, génie fécond, élevé, que ses contemporains estimèrent presque à l’égal d’Homère pour ses poésies, et qui ne se fit pas moins admirer par ses talens dans la musique. Archiloque vécut environ 700 ans avant
- ↑ Voyez sur ces noms les savantes notes de Burette, relatives au dialogue de Plutarque sur la musique.
- ↑ Il y a des opinions très diverses sur l’origine de ce mode dans lequel les Lydiens composaient leur musique. Plutarque, dans son dialogue sur la musique, et Étienne de Byzance nomment un certain Torrèbe, qui l’aurait appris des nymphes de la Lydie, longtemps avant la naissance d’Olympe. Dans des poésies sur les noces Niobé, qui ne nous sont point parvenues et qui sont citées par Plutarque, Pindare attribuait l’invention du mode Lydien à un musicien nommé Anthippe, et Pollux (lib. 4, c. 10) indique le même musicien comme l’inventeur de ce mode. Enfin, d’autres écrivains ont rendu l’invention du mode lydien bien moins ancienne, en considérant Mélanippe, poète musicien, comme le premier qui en fit usage. Ce Mélanippe, qui était né dans l’île de Mélos, l’une des Cyclades, vivait dans la soixante-cinquième Olympiade, c’est-à-dire environ sept cents ans après Olympe, qui était contemporain de la guerre de Troie.