l’ère chrétienne. Plutarque a fourni des renseignemens sur ses inventions poétiques et musicales. On lui doit principalement des méthodes pour accompagner sur les instrumens divers genres de poésies, entre autres les vers ïambiques qui étaient quelquefois déclamés pendant qu’on jouait de la flûte ou de la cithare, et quelquefois chantés. Archiloque fut aussi l’inventeur du passage d’un rhythme musical dans un autre, et d’un genre nouveau de modulation.
L’établissement de jeux publics où la Grèce entière était assemblée et dans lesquels les artistes venaient se disputer des prix de poésie, de flûte, de cithare et de chant, firent éclore une multitude de poètes et de musiciens : chacun d’eux se distingua par quelque invention, par quelque perfectionnement ajouté aux diverses parties de l’art. Ainsi, Minnerme, joueur de flûte et poète élégiaque, se fit remarquer par l’invention du vers pentamètre et par le rhythme musical de ce vers ; Xénodame et Pratinas composèrent les plus célèbres hyporchèmes qu’on entendît dans la Grèce : c’étaient des airs de danse qui étaient à la fois chantés et joués par les instrumens ; Philammon, Mésomède et Polymneste inventèrent des airs ou nomes qui étaient écoutés avec enthousiasme ; Terpandre, qui effaça tous ses rivaux, obtint quatre fois aux jeux pythiques le prix du jeu de la cithare. Le premier, il arrangea des airs pour être joués sur cet instrument sans qu’on fût obligé de le joindre à la voix ; mais il ne put hasarder cette nouveauté qu’après avoir ajouté deux ou trois cordes (le nombre n’est pas exactement connu) à celles dont l’instrument était monté auparavant. L’audace de son génie se manifesta, dans cette circonstance, par deux vers qui nous ont été conservés par Euclide et par Strabon : Pour moi (dit-il), prenant désormais en aversion un chant qui ne roule que sur quatre sons, je chanterai de nouveaux hymnes sur la lyre à sept cordes. Les éphores le punirent à Lacédémone de l’enthousiasme de la Grèce pour cette innovation, car ils le condamnèrent à l’amende pour avoir voulu changer l’ancienne musique, et le privèrent de sa lyre qui fut pendue à un clou. La sévérité des magistrats Spartiates n’empêcha point que l’invention de Terpandre se répandît ; Cépion, son élève, la propagea, et la lyre à sept cordes fut bientôt d’un usage général. Terpandre était de Lesbos ; beaucoup de Lesbiens se distinguèrent après lui comme cytharèdes aux jeux publics ; le dernier de ces Lesbiens fut Periclète.
Après Terpandre, le plus célèbre musicien-poète de la Grèce fut Lnsus d’Hermione, qui vivait environ quatre cent soixante-dix ans avant l’ère