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du toit de leur chapelle qui menace ruine. Ils se sont taxés à vingt sous par tête. Ils doivent acheter du bois et ils comptent de faire mettre la main à l’œuvre au mois d’août prochain. Il faudra ordonner qu’ils s’assemblent au plus tôt, afin de prendre des mesures pour payer leurs dettes, rétablir le bon ordre dans leur confrérie, et s’assembler conformément à leurs règlements les dimanches et fêtes, pour le service de leur chapelle.

[114] Il y a une sacristie à côté gauche de l’autel, dont l’entrée est dans l’alignement des bancs des confrères. Elle est en mauvais état, aussi bien que le couvert de la chapelle. Les murailles sont bonnes.

Sur l’autel, il y a quatre chandeliers de laiton, outre huit petits qui n’ont pas un demi-pan de hauteur, une croix de bois noir avec son crucifix[1]. La grande croix des processions est de bois peint en noir, avec un crame autour du crucifix. La bannière est en mauvais état. Elle peut servir en raccommodant les ornements de taffetas noir qui sont autour de l’image qui représente d’un côté la Sainte Vierge, de l’autre côté saint Michel.

[115] Le titulaire de la chapelle est Notre-Dame de Miséricorde, le patron saint Michel[2]. Ils ont une bulle de Paul V qui leur accorde des indulgences[3], les 8e mai et 29 septembre, fêtes de Saint-Michel, les jours de la Nativité de la Vierge, de la Pentecôte, de la Toussaint, de la fête du Saint-Sacrement.

Ils ont neuf nappes d’autel, dont quelques unes sont assez bonnes, et d’autres qui peuvent encore servir, étant raccommodées.

Le pavé de la chapelle est d’ardoises coupées en carré. Il y en a d’usées qu’il faudra ôter et en mettre de neuves, quand on réparera la chapelle.

On nous a encore montré un coussin ou carreau, de velours rouge, pour mettre le missel sur l’autel, et un petit pupitre, aussi pour le missel.

On n’enterre pas dans la chapelle. Il y a un petit clocher en entrant, à gauche, dans lequel il y a une cloche de 50 livres environ.

Nous avons recommandé au recteur et autres officiers qui étaient présents de faire tenir la porte de la chapelle ouverte, quand le chapitre de la cathédrale y vient en procession, depuis la Croix de mai jusqu’à celle de septembre, de deux dimanches l’un.

Les fenêtres de la chapelle manquent de châssis. Les deux plus près de l’autel sont vitrées. Il y manque quelques carreaux[4].

Nous sommes sorti sur les onze heures de ladite chapelle et nous sommes revenu à l’évêché, accompagné du recteur et de plusieurs autres officiers et confrères.

Il faut réviser l’heure où ils iront devant le Saint-Sacrement, le jeudi saint. On y va ordinairement trop tard. Les pénitents blancs n’y vont qu’après les noirs. Ils vont ensuite les uns et les autres chez les pères[5].

  1. Le mot crucifix désigne spécialement le Christ qui est figuré sur la croix. C’est le crucifixus, le crucifié.
  2. Oswald Baudot pense pouvoir dire que la confrérie est sous le patronage de la Miséricorde, renseignement précieux, car elle indique à quelle catégorie de pénitents noirs ceux de Vence sont rattachés ; et que la chapelle est sous le patronage de saint Michel.
  3. Paul V Borghese, pape de 1605 à 1621. Le document écrit "Paul Ve" (cinquième).
  4. Quand les fenêtres n’étaient pas vitrées, on remplaçait les vitres par des châssis de toile.
  5. "Chez les pères", chez les pères de la Doctrine chrétienne, qui exposent le Saint-Sacrement ce jour-là dans la chapelle du séminaire.