Page:Fauche - Le Mahâbhârata, tome 1.djvu/120

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» Son père ensuite l’a donnée à Bhrigou, et c’est une fraude, que celui-ci a commise ! Si cette femme gracieuse est devenue l’épouse de Bhrigou, ce fut subrepticement.

» Parle-moi donc avec sincérité, car je veux enlever cette femme de l’hermitage. Ici, la colère bouillonne et brûle mon cœur à la pensée que Bhrigou obtint cette femme à la jolie taille, qui fut mon épouse avant d’être la sienne ! » 882-883.

À ces mots, ajouta le rejeton de Soûta, le Rakshasa de saluer le feu allumé. Mais Djâtavédasa hésitait à répondre, et mainte fois l’autre de répéter sa demande sur l’épouse de Bhrigou. 884.

« Agni, tu es la fin de tous les êtres ; mais ta marche est éternelle. Dis-moi donc, ô toi, qui sais tout, une parole de vérité, comme le fidèle témoin des vices et des vertus. 885.

» Cette femme est-elle celle qui fut la mienne, avant que Bhrigou ne me la ravît pour en faire son épouse ? S’il en est ainsi, veuille bien me le dire avec sincérité. 886.

» Quand je l’aurai ouï de ta bouche, j’enlèverai de cet hermitage mon épouse à Bhrigou. Djâtavédasa, fais-moi entendre ta parole vraie, à moi, qui tiens mes yeux fixés sur toi. » 887.

À ces mots, le Feu, continua le petit-fils de Soûta, fut bien embarrassé : il craignait de faire un mensonge, il ne craignait pas moins la malédiction de Bhrigou ; il dit lentement ces paroles : 888.

« C’est en effet la Poulomâ, fils d’un Dânava, que tu as choisie avant Bhrigou, lui répondit le Feu ; mais pourquoi ne l’as-tu pas choisie d’abord suivant les rites avec les formules des prières ? 889.